C’est Khubayb qui, le premier, institua pour tout musulman exécuté ṣabran (1) la prière. Le Prophète ﷺ informa ensuite ses Compagnons, le jour même où ils furent mis à mort, de ce qui leur était arrivé. Des hommes de Quraysh dépêchèrent alors des émissaires auprès de ʿĀṣim b. Thābit – après avoir appris qu’il avait été tué – afin qu’ils rapportent un morceau identifiable de son corps ; ʿĀṣim avait en effet occis l’un de leurs notables. Mais Allah fit surgir au-dessus de lui comme un nuage d’abeilles qui le protégea de leurs envoyés ; ils furent ainsi incapables de prélever quoi que ce soit de sa dépouille. Ḥadith rapporté par al-Bukhârî.
« al-Hadâh » est le nom d’un lieu ; « aẓ-ẓulla » signifie « le nuage » ; « ad-dabar » désigne les abeilles. Quant à l’invocation : « Uqtul-hum budadan », on peut lire budadan avec kasra ou avec fatḥa sur la lettre bā’. Selon la kasra, c’est le pluriel de buddah (« part »), et l’expression signifie : « Tue-les part par part, chacun ayant sa portion ». Selon la fatḥa, le terme renvoie à l’idée de dispersion : « Tue-les séparément, l’un après l’autre », du verbe tabdīd (disperser).
Le chapitre comporte de nombreux ḥadiths authentiques déjà cités plus haut dans cet ouvrage : le récit du jeune garçon qui se rendait chez le moine et le magicien (2) ; celui de Jurayj (3) ; celui des trois compagnons de la grotte que le rocher avait enfermés (4) ; le récit de l’homme qui entendit, dans un nuage, une voix dire : « Arrose le verger d’Untel » (5), et bien d’autres encore. Les preuves relatives à ce sujet sont nombreuses et célèbres ; c’est Allah qui accorde la réussite.
1518 – D’après Ibn ʿUmar (qu’Allah les agrée tous deux), il a dit : « Je n’ai jamais entendu ʿUmar (qu’Allah l’agrée) dire à propos de quoi que ce soit : “Il me semble que c’est ainsi”, sans que la réalité ne soit conforme à ce qu’il pensait. » Rapporté par al-Bukhârî.