Riyad al-SalihinAn-Nawawi

moi, par Allah, je les faisais prier exactement comme le Messager d’Allah ﷺ priait ; je n’y omets absolument rien (1). Pour la prière du soir (‘ichâ’), je la prolonge (2) dans les deux premières rakʿa et je l’allège dans les deux dernières.

– « C’est bien l’idée que nous nous faisions de toi, Abû Isḥâq », répondit ‘Umar. Il dépêcha ensuite un homme – ou plusieurs – à Koufa pour interroger la population à son sujet. Pas une mosquée ne fut laissée sans qu’on y pose la question, et partout on en faisait l’éloge, jusqu’à ce qu’il pénétrât dans la mosquée des Banû Abs. Là, un homme nommé Usâma b. Qatâda, appelé Abû Saʿda, se leva et dit : « Puisque tu nous as adjurés (3), sache que Saʿd ne part pas en campagne avec le détachement (4), ne répartit pas les butins de façon équitable et ne juge pas avec justice. »

Saʿd déclara alors : « Par Allah, je vais formuler trois invocations : “Ô Allah, si Ton serviteur ment, s’étant levé par ostentation et recherche de renommée, alors allonge sa vie, prolonge sa pauvreté et expose-le aux tentations.” »

Par la suite, quand on l’interrogeait, l’homme disait : « Un vieillard éprouvé ; la supplication de Saʿd m’a atteint. » ʿAbd al-Malik b. ʿUmayr, qui rapporte ce récit de Jâbir b. Samura, ajoute : « Je l’ai vu plus tard ; ses sourcils tombaient sur ses yeux tant il était âgé, et il s’en prenait aux servantes dans les ruelles, les pinçant au passage. » Rapporté par al-Bukhârî et Muslim.

1514 – ʿUrwa b. az-Zubayr relate que Saʿîd b. Zayd b. ʿAmr b. Nufayl – qu’Allah l’agrée – fut assigné en justice par Arwâ bt. Aws devant Marwân b. al-Ḥakam, celle-ci prétendant qu’il avait usurpé une partie de son terrain. Saʿîd dit : « Irais-je prendre quoi que ce soit de sa terre après ce que j’ai entendu du Messager d’Allah ﷺ ? » – « Qu’as-tu donc entendu du Messager d’Allah ﷺ ? » demanda Marwân. – « J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : “Quiconque s’empare injustement d’un empan de terre, on lui passera autour du cou le fardeau de sept terres.” » Marwân conclut : « Je ne te demanderai plus de preuve après cela. » Saʿîd invoqua alors : « Ô Allah, si elle ment, rends-la aveugle et fais-la mourir sur sa parcelle. » Elle ne mourut pas avant d’avoir perdu la vue

(1) Autrement dit : je n’en retrancherai rien. (2) C’est-à-dire : je reste longtemps debout. (3) Autrement dit : tu nous as demandé de nous exprimer. (4) Dans une autre version : « il ne part pas avec la *sariyya* », c’est-à-dire avec ce détachement. La *sariyya* désigne une unité restreinte de l’armée. On sous-entend qu’il est peureux et, pour cette raison, ne l’accompagne pas. Le terme *qadiyya* signifie ici « jugement ».
أَنَا وَاللَّهِ فَإِنِّي كُنْتُ أُصَلِّي بِهِمْ صَلَاةَ رَسُولِ اللَّهِ ﷺ ، لَا أُخْرِمُ عَنْهَا (١) ، أُصَلِّي صَلَاتِي الْعِشَاءَ فَأَرْكُدُ (٢) فِي الْأَوَّلِينَ ، وَأُخِفُّ فِي الْآخَرِينَ . قَالَ : ذَلِكَ الظَّنُّ بِكَ يَا أَبَا إِسْحَاقَ ، وَأَرْسَلَ مَعَهُ رَجُلًا - أَوْ رَجُلًا - إِلَى الْكُوفَةِ يَسْأَلُ عَنْهُ أَهْلَ الْكُوفَةِ ، فَلَمْ يَدَعْ مَسْجِدًا إِلَّا سَأَلَ عَنْهُ ، وَيُثْنُونَ مَعْرُوفًا ، حَتَّى دَخَلَ مَسْجِدًا لِبَنِي عَبْسٍ ، فَقَامَ رَجُلٌ مِنْهُمْ ، يُقَالُ لَهُ أُسَامَةُ بْنُ قَتَادَةَ ، يُكَنَّى أَبَا سَعْدَةَ ، فَقَالَ : أَمَا إِذْ نَشَدْتَنَا (٣) فَإِنَّ سَعْدًا كَانَ لَا يَسِيرُ بِالسَّرِيَّةِ (٤) وَلَا يَقْسِمُ بِالسَّوِيَّةِ ، وَلَا يَعْدِلُ فِي الْقَضِيَّةِ . قَالَ سَعْدٌ : أَمَا وَاللَّهِ لَاَدْعُوَنَّ بِثَلَاثٍ : اللَّهُمَّ إِنْ كَانَ عَبْدُكَ هَذَا كَاذِبًا ، قَامَ رِيَاءً ، وَسُمَعَةً ، فَأَطِلْ عُمُرَهُ ، وَأَطِلْ فَقْرَهُ ، وَعَرِّضْهُ لِلْفِتَنِ . وَكَانَ بَعْدَ ذَلِكَ إِذَا سُئِلَ يَقُولُ : شَيْخٌ كَبِيرٌ مَفْتُونٌ ، أَصَابَتْنِي دَعْوَةُ سَعْدٍ . قَالَ عَبْدُ الْمَلِكِ بْنُ عُمَيْرٍ الرَّاوِي عَنْ جَابِرِ بْنِ سَمُرَةَ : فَأَنَا رَأَيْتُهُ بَعْدُ قَدْ سَقَطَ حَاجِبَاهُ عَلَى عَيْنَيْهِ مِنَ الْكِبَرِ ، وَإِنَّهُ لَيَتَعَرَّضُ لِلْجَوَارِي فِي الطُّرُقِ فَيَغْمِزُهُنَّ . مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ . ١٥١٤ - وَعَنْ عُرْوَةَ بْنِ الزُّبَيْرِ أَنَّ سَعِيدَ بْنَ زَيْدِ بْنِ عَمْرِو بْنِ نُفَيْلٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ ، خَاصَمَتْهُ أَرْوَى بِنْتُ أَوْسٍ إِلَى مَرْوَانَ بْنِ الْحَكَمِ ، وَادَّعَتْ أَنَّهُ أَخَذَ شَيْئًا مِنْ أَرْضِهَا ، فَقَالَ سَعِيدٌ : أَنَا كُنْتُ آخُذُ مِنْ أَرْضِهَا بَعْدَ الَّذِي سَمِعْتُ مِنْ رَسُولِ اللَّهِ ﷺ ؟ قَالَ : مَاذَا سَمِعْتَ مِنْ رَسُولِ اللَّهِ ﷺ ؟ قَالَ : سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ ﷺ يَقُولُ : « مَنْ أَخَذَ شِبْرًا مِنَ الْأَرْضِ ظُلْمًا ، طُوِّقَهُ إِلَى سَبْعِ أَرْضِينَ » فَقَالَ لَهُ مَرْوَانُ : لَا أَسْأَلُكَ بَيِّنَةً بَعْدَ هَذَا ، فَقَالَ سَعِيدٌ : اللَّهُمَّ إِنْ كَانَتْ كَاذِبَةً ، فَأَعْمِ بَصَرَهَا ، وَاقْتُلْهَا فِي أَرْضِهَا ، قَالَ : فَمَا مَاتَتْ حَتَّى ذَهَبَ بَصَرُهَا ،
(١) لَا أَنْقُصَ عَنْهَا . (٢) أَيْ : أَقُومُ طَوِيلًا . (٣) أَيْ : طَلَبْتَ مِنَّا الْقَوْلَ . (٤) وَفِي رِوَايَةٍ : (لَا يَنْفِرُ بِالسَّرِيَّةِ) : أَيْ : مَعَهَا . وَ(السَّرِيَّةِ) : الْقِطْعَةُ مِنَ الْجَيْشِ . كَأَنَّهُ يَعْنِي : إِنَّهُ جَبَانٌ فَلَا يَخْرُجُ مَعَهَا لِذَلِكَ . وَ(الْقَضِيَّةِ) : الْحُكُومَةُ .

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