Riyad al-SalihinAn-Nawawi

La première consiste à cesser immédiatement le péché.
La seconde est de regretter de l’avoir commis.
La troisième est de se résoudre à ne plus jamais y retourner.
Si l’une de ces trois conditions manque, le repentir n’est pas valide.

Si le péché porte atteinte à autrui, quatre conditions sont requises : ces trois-là, plus le fait de s’acquitter du droit de la personne lésée. S’il s’agit d’un bien matériel, il doit le lui restituer ; s’il relève d’une peine légale pour diffamation ou assimilé, il doit la laisser s’exécuter ou demander son pardon ; s’il s’agit de médisance, il doit obtenir son absolution (1).

Il est obligatoire de se repentir de l’ensemble des péchés ; s’il ne se repent que de certains, son repentir est valable – selon les gens de la Vérité – pour ceux-là seulement, et il demeure redevable des autres.

Les preuves issues du Coran, de la Sunna et du consensus de la communauté établissent toutes l’obligation du repentir.

Allah – Très-Haut – dit : « Repentez-vous tous devant Allah, ô croyants, afin que vous réussissiez. » (La Lumière, 31)
Il dit aussi : « Implorez le pardon de votre Seigneur, puis repentez-vous à Lui. » (Houd, 3)
Et Il dit : « Ô vous qui avez cru, repentez-vous à Allah d’un repentir sincère. » (L’Interdiction, 8)

(1) C’est-à-dire solliciter de la personne qu’elle lui pardonne cette médisance.

(1) Je dis : cela ne vaut que si la demande de pardon – istihlal – n’entraîne aucun autre préjudice ; dans le cas contraire, il convient de se limiter à invoquer en faveur de la personne lésée. Quant au ḥadith : « L’expiation de celui que tu as médis consiste à demander pour lui le pardon », il est fabriqué, comme je l’ai établi dans Silsilat al-aḥadîth aḍ-ḍaʿîfa wa-l-mawḍûʿa, n° 1519. L’avis du shaykh Nâsir al-Dîn al-Albânî – « si aucun tort supplémentaire n’en découle… » – mérite toutefois examen : se contenter de cette prière ne rend pas forcément à l’innocent calomnié son honneur aux yeux du public. Il est alors indispensable que le diffamateur rétracte ouvertement ses mensonges et ses attaques. Qui, sinon, appréciera le « préjudice » ? Le coupable, la victime, ou un arbitre chargé de déterminer la forme d’excuse et d’istihlal qui n’engendre pas de nouveaux torts ? Sans doute la victime profite-t-elle du duʿâʾ, mais cela ne vaut pas repentance acceptée pour l’agresseur. Le ḥadith sur lequel se fondent souvent ceux qui portent atteinte à autrui est, comme l’a démontré le shaykh Nâsir, apocryphe.
أَحَدُهَا : أَنْ يُقْلِعَ عَنِ الْمَعْصِيَةِ . وَالثَّانِي : أَنْ يَنْدَمَ عَلَى فِعْلِهَا . وَالثَّالِثُ : أَنْ يَعْزِمَ أَنْ لَا يَعُودَ إِلَيْهَا أَبَدًا . فَإِنْ فُقِدَ أَحَدُ الثَّلَاثَةِ لَمْ تَصِحَّ تَوْبَتُهُ . وَإِنْ كَانَتِ الْمَعْصِيَةُ تَتَعَلَّقُ بِآدَمِي فَشُرُوطُهَا أَرْبَعَةٌ : هَذِهِ الثَّلَاثَةُ ، وَأَنْ يَبْرَأَ مِنْ حَقِّ صَاحِبِهَا ، فَإِنْ كَانَتْ مَالًا أَوْ نَحْوَهُ رَدَّهُ إِلَيْهِ ، وَإِنْ كَانَ حَدَّ قَذْفٍ وَنَحْوَهُ مَكَّنَهُ مِنْهُ أَوْ طَلَبَ عَفْوَهُ ، وَإِنْ كَانَ غِيبَةً اسْتَحَلَّهُ مِنْهَا (١) . وَيَجِبُ أَنْ يَتُوبَ مِنْ جَمِيعِ الذُّنُوبِ ، فَإِنْ تَابَ مِنْ بَعْضِهَا صَحَّتْ تَوْبَتُهُ عِنْدَ أَهْلِ الْحَقِّ مِنْ ذَلِكَ الذَّنْبِ وَبَقِيَ عَلَيْهِ الْبَاقِي . وَقَدْ تَظَاهَرَتْ دَلَائِلُ الْكِتَابِ ، وَالسُّنَّةِ ، وَإِجْمَاعُ الْأُمَّةِ عَلَى وُجُوبِ التَّوْبَةِ . قَالَ اللَّهُ تَعَالَى : ﴿ وَتُوبُوا إِلَى اللَّهِ جَمِيعًا أَيُّهَا الْمُؤْمِنُونَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ ﴾ [ النور : ٣١ ] . وَقَالَ تَعَالَى : ﴿ اسْتَغْفِرُوا رَبَّكُمْ ثُمَّ تُوبُوا إِلَيْهِ ﴾ [ هود : ٣ ] . وَقَالَ تَعَالَى : ﴿ يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا تُوبُوا إِلَى اللَّهِ تَوْبَةً نَصُوحًا ﴾ [ التحريم : ٨ ] .
(١) قلت : هذا إذا لم يترتب على الاستحلال نفسه مفسدة أخرى ، وإلا فالواجب حينئذ الاكتفاء بالدعاء له ، وأما حديث « كفارة من اغتبته أن تستغفر له » فهو موضوع ، كما بينته في « سلسلة الأحاديث الضعيفة والموضوعة » رقم (١٥١٩) - ن - . قول الشيخ ناصر الدين الألباني : « إذا لم يترتب ... الخ » محل نظر ، لأن ما جعله واجباً يُكْتَفَى به . قد لا يعيد لذلك البريء المظلوم كرامته في الدنيا ، وبين الناس ، وعندها فلا بد من عودة الظالم عن كذبه وافترائه وطعنه . ثم من الذي يقدر « المفسدة » ؟ ! الظالم ، أم المظلوم ، أم يجعلوا بينهما حكماً يقرر طريقة الاعتذار والاستحلال بما لا يؤدي الى مفسدة - أو مفاسد - أخرى . نعم قد ينتفع المظلوم بالدعاء . . . ولكن لا يكون ذلك توبة مقبولة من الظالم . والحديث الذي يفهمه العامة الذين يظلمون الناس (موضوع) كما بينه الشيخ ناصر .

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