Riyad al-SalihinAn-Nawawi

et, dans une autre version : « Je l’aimais d’un amour tel que les hommes aiment le plus ardemment les femmes. Je lui proposai de se livrer à moi (1), mais elle refusa jusqu’à ce qu’une année de disette (2) l’atteignît. Elle vint alors me trouver et je lui remis cent vingt dinars à condition qu’elle me laissât accès à elle ; elle accepta. Lorsque je fus sur le point de disposer d’elle – et, dans une autre version : quand je m’assis entre ses jambes –, elle dit : “Crains Allah et ne brise pas le sceau (3) autrement que dans la légitimité.” Je me détournai donc d’elle alors qu’elle était la personne qui m’était la plus chère et je laissai l’or que je lui avais donné. Ô Allah, si j’ai fait cela dans la seule recherche de Ton agrément, délivre-nous de la situation où nous nous trouvons.” Le rocher s’écarta alors, sans toutefois leur permettre encore de sortir.

Le troisième pria ainsi : “Ô Allah, j’avais embauché des ouvriers et je leur avais versé leur salaire, à l’exception d’un homme qui laissa ce qui lui revenait et s’en alla. Je mis alors son salaire à profit et le fis fructifier, si bien qu’une fortune considérable en résulta. Après quelque temps, il revint et me dit : ‘Ô serviteur d’Allah, rends-moi mon salaire.’ Je lui répondis : ‘Tout ce que tu vois provient de ton salaire : chameaux, bovins, ovins et esclaves.’ Il dit : ‘Ô serviteur d’Allah, ne te moque pas de moi !’ Je repris : ‘Je ne me moque pas de toi.’ Il prit donc le tout, le conduisit et n’en laissa rien. Ô Allah, si j’ai fait cela pour rechercher Ton Visage, écarte de nous ce que nous endurons.” Le rocher se fendit alors et ils sortirent en marchant. (4) Rapporté par al-Bukhârî et Muslim.

2 – Chapitre du repentir

Les savants ont dit : le repentir est obligatoire pour tout péché. Si la désobéissance ne concerne qu’Allah – exalté soit-Il – et n’empoisonne pas le droit d’autrui, trois conditions doivent être réunies :

(1) Expression signifiant : « se livrer charnellement ».
(2) « Une année de disette ».
(3) Métaphore désignant la défloration ; litt. « ne brise pas le sceau ».
(4) Formule signifiant : « rapporté par al-Bukhârî et Muslim ».‎

(1) Dans un manuscrit le passage se lit ainsi ; dans un autre, « faraawadtuhā », c’est-à-dire : je lui ai demandé ce qu’un homme demande à son épouse. (2) Autrement dit : elle fut frappée par une année de disette. (3) Expression voilée désignant les parties intimes et l’hymen ; le sens est : qu’elle ne perde sa chasteté qu’à travers le mariage. (4) Ce ḥadith montre qu’en situation d’angoisse on invoque Allah et que l’on peut avoir recours, comme tawassul (intercession), à ses propres bonnes œuvres ; il en va de même du tawassul par les Noms et Attributs divins ou par la prière d’un homme pieux. En revanche, le tawassul fondé sur la personne même des prophètes ou des saints n’a aucun fondement et contredit la forme légitime de tawassul.
رِوَايَةٌ : كُنْتُ أُحِبُّهَا كَأَشَدِّ مَا يُحِبُّ الرِّجَالُ النِّسَاءَ - فَأَرَدْتُهَا عَلَى نَفْسِهَا (١) فَامْتَنَعَتْ مِنِّي حَتَّى أَلَمَّتْ بِهَا سَنَةٌ مِنَ السِّنِينَ (٢) فَجَاءَتْنِي فَأَعْطَيْتُهَا عِشْرِينَ وَمِائَةَ دِينَارٍ عَلَى أَنْ تُخَلِّيَ بَيْنِي وَبَيْنَ نَفْسِهَا فَفَعَلَتْ ، حَتَّى إِذَا قَدَرْتُ عَلَيْهَا - وَفِي رِوَايَةٍ : فَلَمَّا قَعَدْتُ بَيْنَ رِجْلَيْهَا - قَالَتْ : اتَّقِ اللَّهَ وَلَا تَفُضَّ الْخَاتَمَ (٣) إِلَّا بِحَقِّهِ ، فَانْصَرَفْتُ عَنْهَا وَهِيَ أَحَبُّ النَّاسِ إِلَيَّ وَتَرَكْتُ الذَّهَبَ الَّذِي أَعْطَيْتُهَا ، اللَّهُمَّ إِنْ كُنْتُ فَعَلْتُ ذَلِكَ ابْتِغَاءَ وَجْهِكَ فَافْرُجْ عَنَّا مَا نَحْنُ فِيهِ ، فَانْفَرَجَتِ الصَّخْرَةُ ، غَيْرَ أَنَّهُمْ لَا يَسْتَطِيعُونَ الْخُرُوجَ مِنْهَا . وَقَالَ الثَّالِثُ : اللَّهُمَّ اسْتَأْجَرْتُ أَجْرَاءً وَأَعْطَيْتُهُمْ أَجْرَهُمْ غَيْرَ رَجُلٍ وَاحِدٍ تَرَكَ الَّذِي لَهُ وَذَهَبَ ، فَثَمَّرْتُ أَجْرَهُ حَتَّى كَثُرَتْ مِنْهُ الْأَمْوَالُ ، فَجَاءَنِي بَعْدَ حِينٍ فَقَالَ : يَا عَبْدَ اللَّهِ أَدِّ إِلَيَّ أَجْرِي ، فَقُلْتُ : كُلُّ مَا تَرَى مِنْ أَجْرِكَ : مِنَ الْإِبِلِ وَالْبَقَرِ وَالْغَنَمِ وَالرَّقِيقِ . فَقَالَ : يَا عَبْدَ اللَّهِ لَا تَسْتَهْزِئْ بِي ! فَقُلْتُ : لَا أَسْتَهْزِئُ بِكَ ، فَأَخَذَهُ كُلَّهُ فَاسْتَاقَهُ فَلَمْ يَتْرُكْ مِنْهُ شَيْئًا : اللَّهُمَّ إِنْ كُنْتُ فَعَلْتُ ذَلِكَ ابْتِغَاءَ وَجْهِكَ فَافْرُجْ عَنَّا مَا نَحْنُ فِيهِ فَانْفَرَجَتِ الصَّخْرَةُ فَخَرَجُوا يَمْشُونَ (٤) مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ . ٢ - باب التوبة قال العلماء : التَّوْبَةُ وَاجِبَةٌ مِنْ كُلِّ ذَنْبٍ ، فَإِنْ كَانَتِ الْمَعْصِيَةُ بَيْنَ الْعَبْدِ وَبَيْنَ اللَّهِ تَعَالَى لَا تَتَعَلَّقُ بِحَقِّ آدَمِيٍّ فَلَهَا ثَلَاثَةُ شُرُوطٍ :
(١) كذا في نسخة ، وفي أخرى « فراودتها » أي : طلبت منها ما يطلب الرجل من زوجه . (٢) أي : نزلت بها سنة من السنين المجدبة . (٣) كناية عن الفرج وعذرة البكارة ، والمعنى : لا تزل عفافياً إلا بالزواج . (٤) وفي الحديث الدعاء عند الكرب ، وتوسل الداعي بعمله الصالح ومثله التوسل بأسماء الله وصفاته ودعاء الرجل الصالح ، وأما التوسل بذوات الأنبياء والأولياء فمما لا أصل له ، بل هو معارض للتوسل المشروع .

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