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vos cœurs [et vos œuvres]. Rapporté par Muslim (1).
(1) J’ai dit : Muslim et d’autres transmetteurs ajoutent, dans une variante, la formule : « et à vos actes ». Cette version figure dans Ghayat al-maram fi takhrij al-halal wa-l-haram, n° 410. Il s’agit d’un ajout capital, car beaucoup comprennent mal le ḥadith lorsqu’ils l’ignorent : si tu leur ordonnes, conformément à la Loi, de laisser pousser la barbe, de cesser d’imiter les mécréants ou d’observer tout autre devoir religieux, ils rétorquent que l’essentiel est ce qu’il y a dans le cœur et invoquent ce ḥadith, sans savoir que la variante authentique prouve qu’Allah regarde aussi les actes. S’ils sont bons, Il les accepte ; sinon, Il les rejette, comme le montrent de nombreux textes, notamment la parole du Prophète : « Quiconque introduit dans notre affaire quelque chose qui n’en fait pas partie, cela est rejeté » (ḥadith 173).
En vérité, il est impossible d’imaginer la rectitude des cœurs sans la rectitude des actes, ni la rectitude des actes sans celle des cœurs. Le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – l’a exprimé de la manière la plus éloquente dans le ḥadith de Nuʿmân b. Bashîr : « … En vérité, il est dans le corps un morceau de chair ; s’il est sain, tout le corps est sain, et s’il est corrompu, tout le corps est corrompu : c’est le cœur » (ḥadith 593). Il a dit aussi : « Alignez vos rangs, sinon Allah mettra vos visages – c’est-à-dire vos cœurs – en désaccord » (ḥadith 1096). Et encore : « Allah est Beau et Il aime la beauté », parole portant sur la beauté matérielle licite, contrairement à ce que pensent beaucoup ; voir ḥadith 617.
Sachant cela, il faut signaler une faute grossière que j’ai relevée dans toutes les copies manuscrites et imprimées du présent ouvrage, Riyâḍ : l’auteur – qu’Allah lui fasse miséricorde – a bien noté cette variante au ḥadith 1578, mais, par un glissement de plume, il l’a placée de façon à dénaturer le sens. On lit donc : « … et Il ne regarde ni vos apparences ni vos actes, mais Il regarde… ». Cette méprise a échappé à tous les compositeurs, correcteurs et annotateurs, y compris ceux de l’édition al-Mayriyya. Même le commentateur Ibn ʿAllân s’y est laissé prendre et a expliqué le ḥadith ainsi (4/406) : « Autrement dit, Il – exalté soit-Il – n’assigne pas la récompense selon la taille du corps, la beauté de l’apparence ou l’abondance des œuvres. » Cette explication est manifestement caduque : outre qu’elle contredit le texte authentique du ḥadith, elle s’oppose aux nombreux passages du Coran et de la Sunna montrant que la supériorité des serviteurs dans les degrés du Paradis se mesure à la quantité des bonnes actions. Allah dit par exemple : « Chacun aura des degrés proportionnels à ce qu’il aura accompli » (sourate al-Anʿâm, 132). Et, dans un ḥadith qudsî : « Ô Mes serviteurs ! Ce ne sont que vos actes que Je dénombre pour vous ; puis Je vous en donnerai la pleine rétribution. Celui qui trouve du bien, qu’il loue donc Allah… » (ḥadith 113). Comment prétendre qu’Allah ne considère pas l’action, alors qu’elle est, après la foi, la base même de l’entrée au Paradis, comme Il le dit : « Entrez au Paradis pour ce que vous faisiez » (sourate an-Naḥl, 32) ? Vois donc jusqu’où l’imitation aveugle éloigne ses adeptes de la vérité et les précipite dans un gouffre d’erreur, parce qu’ils se détournent de l’étude de la Sunna dans ses sources authentifiées. Qu’Allah nous vienne en aide. – N –.
إلى قُلُوبِكُمْ [ وأعمالكم ] رواه مسلم (١) .
(١) قلت : وزاد مسلم وغيره في رواية : « وأعمالكم » ، وهو مخرج في « غاية المرام في تخريج الحلال والحرام » ( ٤١٠ ) . وهذه الزيادة هامة جداً ، لأن كثيراً من الناس يفهمون الحديث بدونها فهماً خاطئاً ، فإذا أنت أمرتهم بما أمرهم به الشرع الحكيم من مثل إعفاء اللحية ، وترك التشبه بالكفار ، ونحو ذلك من التكاليف الشرعية ، أجابوك بأن العمدة على ما في القلب ، واحتجوا على زعمهم بهذا الحديث ، دون أن يعلموا بهذه الزيادة الصحيحة الدالة على أن الله تبارك وتعالى ينظر أيضاً إلى أعمالهم ، فإن كانت صالحة قبلها وإلا ردها عليهم كما تدل على ذلك عديد من النصوص ، كقوله ﷺ : ( من أحدث في أمرنا هذا ما ليس منه فهو رد ) [ الحديث : ١٧٣ ] .
والحقيقة أنه لا يمكن تصور صلاح القلوب إلا بصلاح الأعمال ، ولا صلاح للأعمال إلا بصلاح القلوب . وقد بين ذلك رسول الله ﷺ أجمل بيان في حديث النعمان بن بشير : ( ... ألا وإن في الجسد مضغة إذا صلحت صلح الجسد كله ، وإذا فسدت فسد الجسد كله ، ألا وهي القلب ) [ الحديث : ٥٩٣ ] . وحديثه الآخر : ( لتسوّن صفوفكم أو ليخالفن الله بين وجوهكم ) أي قلوبكم ، ( الحديث : ١٠٩٦ ) . وقوله ﷺ : ( إن الله جميل يحب الجمال ) ، وهو وارد في الجمال المادي المشروع خلافاً لظن الكثيرين . انظر الحديث ( ٦١٧ ) .
وإذا عرفت هذا فمن أفحش الخطأ الذي رأيته في هذا الكتاب ( الرياض ) في جميع نسخه المخطوطة والمطبوعة التي وقفت عليها ، أن الزيادة المذكورة قد استدركها المصنف - رحمه الله تعالى - في الحديث ( ١٥٧٨ ) لكن قلمه أو قلم كاتبه انحرف بها ، فوضعها في مكان مفسد للمعنى ، فوقعت فيه هكذا : ( ... ولا إلى صوركم وأعمالكم ، ولكن ينظر ... ) وانطلى ذلك على جميع الطابعين والمصححين والمعلقين ، لا أستثني من ذلك مصححي الطبعة الميرية ولا غيرها ، بل لقد انطلى أمرها على الشارح ابن علان نفسه ، فشرح الحديث على القلب فقال ( ٤٠٦/٤ ) : « أي : أنه تعالى لا يرتب الثواب على كبر الجسم ، وحسن الصورة وكثرة العمل » . وهذا الشرح مما لا يخفى بطلانه ، لأنه مع منافاته للحديث في نصه الصحيح ، معارض للنصوص الكثيرة من الكتاب والسنة الدالة على أن تفاضل العباد في الدرجات في الجنة إنما هو بالنسبة للأعمال الصالحة كثرة وقلة . من ذلك قوله تعالى : ﴿ ولكل درجات مما عملوا ﴾ [ الأنعام : ١٣٢ ] وقوله في الحديث القدسي : ( ... يا عبادي إنما هي أعمالكم أحصيها لكم ، ثم أوفيكم إياها ، فمن وجد خيراً فليحمد الله ... ) ( الحديث : ١١٣ ) . وكيف يعقل أن لا ينظر الله إلى العمل كالأجساد والصور ، وهو الأساس في دخول الجنة بعد الإيمان كما قال تعالى : ﴿ ادخلوا الجنة بما كنتم تعملون ﴾ [ سورة النحل : ٣٢ ] ، فتأمل كم يبعد التقليد أهله عن الصواب . ويلقي بهم في واد من الخطأ سحيق ، وما ذلك إلا لإعراضهم عن دراسة السنة في أمهات كتبها المعتمدة المصححة ، والله المستعان - ن - .