Riyad al-SalihinAn-Nawawi

le Messager d’Allah ﷺ devant un chameau dont le dos touchait le ventre. Il dit : « Craignez Allah à propos de ces bêtes muettes (1) ; enfourchez-les comme il se doit et consommez-les comme il se doit. » Rapporté par Abû Dâwûd avec une chaîne authentique.

974 – Abû Jaʿfar ʿAbd Allâh ibn Jaʿfar (qu’Allah les agrée tous deux) raconte : « Un jour, le Messager d’Allah ﷺ me fit monter derrière lui et me confia une parole que je ne rapporterai jamais à personne. Or, ce qu’il préférait prendre pour écran lorsqu’il devait se soulager, c’était un tertre ou un rideau de palmiers — c’est-à-dire une palmeraie close. » Rapporté par Muslim sous cette forme abrégée.

Al-Barqânî a ajouté, avec la même chaîne que Muslim : « Après la mention “rideau de palmiers”, il entra dans le verger d’un homme des Ansâr. Il s’y trouvait un chameau qui, lorsqu’il vit le Messager d’Allah ﷺ, poussa un grognement (3) et ses yeux se remplirent de larmes. Le Prophète ﷺ s’en approcha, caressa l’arête de son dos — c’est-à-dire sa bosse — ainsi que ses “dhifrah”, et l’animal se calma. Puis il dit : “Qui est le propriétaire de ce chameau ? À qui appartient-il ?” Un jeune homme des Ansâr vint et dit : “Il est à moi, ô Messager d’Allah.” Le Prophète reprit : “Ne crains-tu donc pas Allah au sujet de cette bête qu’Allah t’a confiée ? Elle se plaint à moi de ce que tu la tiens affamée et que tu l’éreintes.” » Rapporté par Abû Dâwûd, dans la version d’al-Barqânî.

Le mot « dhifrah » s’écrit avec un dâl pointé, suivi d’une fâ atone ; c’est un nom féminin singulier. Les linguistes définissent la dhifrah comme la zone du chameau qui transpire derrière l’oreille. Quant à « tudhnibuh », cela signifie : « tu le fatigues, tu le surmènes ».

975 – Anas (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Lorsque nous faisions halte quelque part, nous ne commencions pas la récitation de subḥân Allâh, c’est-à-dire la prière surérogatoire, avant d’avoir déchargé les bagages. » Rapporté par Abû Dâwûd avec une chaîne répondant aux critères de Muslim.

L’expression « nous ne faisions pas le tasbîḥ » signifie : nous n’accomplissions pas les prières surérogatoires. Autrement dit, malgré notre empressement à prier, nous ne le faisions pas avant d’avoir ôté les bâtises et laissé les montures se reposer.

(1) « Bêtes muettes » : les animaux dépourvus de parole, incapables d’exprimer leurs souffrances.
(3) Poussa un grognement – le verbe arabe désigne le bruit guttural caractéristique du chameau.

(1) Le terme en question et « al-ʿajmâʾ » sont équivalents : ils désignent l’animal muet, incapable de parler. (2) Autrement dit : à l’abri des regards quand une personne satisfait un besoin naturel. (3) C’est-à-dire : un bruit ; quant au verbe « dhurifat », il signifie que ses yeux se sont emplis de larmes. Ce ḥadith a également été rapporté par Ibn Ḥibbân et d’autres ; il figure dans l’ouvrage Al-Aḥâdîth aṣ-ṣaḥîḥa, no 23, aux côtés d’autres textes relatifs à la bienveillance envers les animaux ; voyez-y — N.
رَسُولُ اللَّهِ ﷺ ، بَعِيرٌ قَدْ لَحِقَ ظَهْرُهُ بِبَطْنِهِ ، فَقَالَ : « اتَّقُوا اللَّهَ فِي هَذِهِ الْبَهَائِمِ الْمُعْجَمَةِ (١) ، فَارْكَبُوهَا صَالِحَةً ، وَكُلُوهَا صَالِحَةً » رواه أبو داود بإسناد صحيح . ٩٧٤ - وعن أبي جعفر عبد الله بن جعفر رضي الله عنهما قال : أَرْدَفَنِي رَسُولُ اللَّهِ ﷺ ، ذَاتَ يَوْمٍ خَلْفَهُ ، وَأَسَرَّ إِلَيَّ حَدِيثًا لَا أُحَدِّثُ بِهِ أَحَدًا مِنَ النَّاسِ ، وَكَانَ أَحَبَّ مَا اسْتَتَرَ بِهِ رَسُولُ اللَّهِ ﷺ (٢) لِحَاجَتِهِ هَدَفٌ أَوْ حَائِشُ نَخْلٍ . يَعْنِي : حَائِطَ نَخْلٍ . رواه مسلم هَكَذَا مُخْتَصَرًا . وَزَادَ فِيهِ الْبَرْقَانِيُّ بِإِسْنَادِ مُسْلِمٍ - بَعْدَ قَوْلِهِ : حَائِشُ نَخْلٍ - فَدَخَلَ حَائِطًا لِرَجُلٍ مِنَ الْأَنْصَارِ ، فَإِذَا فِيهِ جَمَلٌ ، فَلَمَّا رَأَى رَسُولَ اللَّهِ ﷺ جَرْجَرَ (٣) وَذَرَفَتْ عَيْنَاهُ ، فَأَتَاهُ النَّبِيُّ ﷺ فَمَسَحَ سَرَاتَهُ - أَيْ : سِنَامَهُ - وَذِفْرَاهُ فَسَكَنَ ، فَقَالَ : « مَنْ رَبُّ هَذَا الْجَمَلِ ، لِمَنْ هَذَا الْجَمَلُ ؟ » فَجَاءَ فَتًى مِنَ الْأَنْصَارِ فَقَالَ : هَذَا لِي يَا رَسُولَ اللَّهِ . قَالَ : « أَفَلَا تَتَّقِي اللَّهَ فِي هَذِهِ الْبَهِيمَةِ الَّتِي مَلَّكَكَ اللَّهُ إِيَّاهَا ؟ فَإِنَّهُ يَشْكُو إِلَيَّ أَنَّكَ تُجِيعُهُ وَتُذْنِبُهُ » رواه أبو داود كرواية البرقاني . قَوْلُهُ « ذِفْرَاهُ » هُوَ بِكَسْرِ الدَّالِ الْمُعْجَمَةِ وَإِسْكَانِ الْفَاءِ ، وَهُوَ لَفْظُ مُفْرَدٍ مُؤَنَّثٍ . قَالَ أَهْلُ اللُّغَةِ : الذِّفْرَى : الْمَوْضِعُ الَّذِي يَعْرَقُ مِنَ الْبَعِيرِ خَلْفَ الْأُذُنِ ، وَقَوْلُهُ : « تُذْنِبُهُ » أَيْ : تَتْعَبُهُ . ٩٧٥ - وَعَنْ أَنَسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ : كُنَّا إِذَا نَزَلْنَا مَنْزِلًا ، لَا نُسَبِّحُ حَتَّى نَحُلَّ الرِّحَالَ . رواه أبو داود بإسناد على شرط مسلم . وَقَوْلُهُ : « لَا نُسَبِّحُ » : أَيْ لَا نُصَلِّي النَّافِلَةَ ، وَمَعْنَاهُ : أَنَّا - مَعَ حِرْصِنَا عَلَى الصَّلَاةِ - لَا نُقَدِّمُهَا عَلَى حَطِّ الرِّحَالِ وَإِرَاحَةِ الدَّوَابِّ .
(١) هي والعجماء بمعنى أي : التي لا تتكلم . (٢) أي : من الأعين عند قضاء حاجة الإنسان . (٣) أي : صَوْتٌ . و ( ذُرِفَتْ ) أي : سالت عيناه بالدموع . والحديث أخرجه ابن حبان أيضاً وغيره ، وهو مخرج في « الأحاديث الصحيحة » (٢٣) مع أحاديث أخرى وآثار في الرفق بالحيوان فراجعه - ن - .

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