Riyad al-SalihinAn-Nawawi

Il répondit : « Il priait alors qu’il laissait traîner son izâr, et Allah n’accepte pas la prière de l’homme qui laisse traîner [son vêtement]. »

Rapporté par Abû Dâwûd avec une chaîne authentique, conforme aux critères de Muslim(1).

802 – Qays ibn Bishr at-Taghlibî rapporte : « Mon père – qui avait pour habitude de tenir compagnie à Abû d-Dardâʾ – m’informa :

À Damas vivait un homme parmi les Compagnons du Prophète ﷺ nommé Ibn al-Ḥanẓaliyya. C’était un homme retiré(2) : il ne côtoyait guère les gens ; on ne le voyait qu’en prière, et sitôt celle-ci terminée il ne faisait que des formules de glorification (tasbîḥ) et d’exaltation d’Allah (takbîr)(3) jusqu’à ce qu’il rejoigne les siens.

Un jour, il passa près de nous alors que nous étions chez Abû d-Dardâʾ. Celui-ci lui dit : « Dis-nous une parole qui nous soit profitable et ne te nuise point. » Il répondit :

« Le Messager d’Allah ﷺ envoya une expédition(4). À son retour, l’un de ses membres prit place là où s’asseyait habituellement le Messager d’Allah ﷺ et dit à son voisin : “Si tu nous avais vus quand nous avons rencontré l’ennemi ! Untel a chargé, puis a porté un coup de lance en disant : “Prends-la de ma part ; je suis le jeune Ghifârî !” Qu’en penses-tu ?” Il répondit : “Je crois(5) que sa récompense est annulée.” Un autre, l’ayant entendu, déclara : “Je n’y vois aucun mal.” Ils se disputèrent jusqu’à ce que le Messager d’Allah ﷺ l’entendît et dise : “Gloire à Allah ! Il n’y a pas de mal à ce qu’il soit récompensé et loué.” »

Je vis alors Abû d-Dardâʾ s’en réjouir ; il levait la tête vers lui en répétant : « As-tu entendu cela du Messager d’Allah ﷺ ? » – et il répondait : « Oui. » Il ne cessa de le lui demander au point que je pensai qu’il allait se mettre à genoux devant lui.

Il repassa près de nous un autre jour, et Abû d-Dardâʾ lui dit : « Une parole qui nous soit profitable et ne te nuise point. » Il répondit : « Le Messager d’Allah ﷺ nous a dit : ‘Celui qui dépense pour les chevaux(6) est semblable à celui qui tient largement sa main pour faire l’aumône : il ne…’ »

Notes :
(1) Selon les conditions d’authenticité retenues par l’imam Muslim dans son Ṣaḥîḥ.
(2) C.-à-d. solitaire, porté au retrait et à l’adoration.
(3) Tasbîḥ : dire « subḥâna llâh » ; takbîr : dire « Allâhu akbar ».
(4) Sariyya : détachement militaire envoyé par le Prophète, sans qu’il y participe personnellement.
(5) Autrement dit : à mon sens, il a perdu toute récompense du fait de son ostentation.
(6) Entendez : les chevaux mobilisés dans la voie d’Allah.

(1) L’auteur affirme ainsi, mais cela mérite d’être réexaminé ; la référence exacte se trouve dans : al-Albani, Takhrij al-Mishkat, n° 761, et dans Ḍaʿif Abi Dawud, n° 96. (2) Autrement dit : il demeure isolé, sans fréquenter ni s’asseoir avec les gens. (3) Tel est le libellé conservé dans Sunan Abi Dawud et dans le Musnad (4/179-180) : « Il n’est alors qu’en prière… il se contente de faire le tasbih (formule de glorification) et le takbir (proclamation : « Allahu akbar ») ». Cette version est plus explicite. (4) La sariyya désigne un détachement de l’armée. (5) C’est-à-dire : je le suppose. (6) Il s’agit de s’occuper du pâturage, de l’abreuvement et du fourrage, etc. L’expression vise les chevaux préparés pour le jihad (lutte armée légitime) dans le sentier d’Allah.
قال : « إِنَّهُ كَانَ يُصَلِّي وَهُوَ مُسْبِلٌ إِزَارَهُ ، وَإِنَّ اللَّهَ لَا يَقْبَلُ صَلَاةَ رَجُلٍ مُسْبِلٍ » رواه أبو داود بإسناد صحيح على شرط مسلم (١) . ٨٠٢ - وعن قيس بن بشر التغلبي قال : أخبرني أبي - وكان جليساً لأبي الدرداء - قال : كَانَ بِدَمَشْقَ رَجُلٌ مِنْ أَصْحَابِ النَّبِيِّ ﷺ يُقَالُ لَهُ ابْنُ الْحَنْظَلِيَّةِ ، وَكَانَ رَجُلًا مُتَوَحِّدًا (٢) فَلَمَّا يُجَالِسُ النَّاسَ ، إِنَّمَا هُوَ صَلَاةٌ ، فَإِذَا فَرَغَ فَإِنَّمَا هُوَ تَسْبِيحٌ وَتَكْبِيرٌ (٣) حَتَّى يَأْتِيَ أَهْلَهُ ، فَمَرَّ بِنَا وَنَحْنُ عِنْدَ أَبِي الدَّرْدَاءِ فَقَالَ لَهُ أَبُو الدَّرْدَاءِ : كَلِمَةٌ تَنْفَعُنَا وَلَا تَضُرُّكَ . قَالَ : بَعَثَ رَسُولُ اللَّهِ ﷺ سَرِيَّةً (٤) فَقَدِمَتْ ، فَجَاءَ رَجُلٌ مِنْهُمْ فَجَلَسَ فِي الْمَجْلِسِ الَّذِي يَجْلِسُ فِيهِ رَسُولُ اللَّهِ ﷺ ، فَقَالَ لِرَجُلٍ إِلَى جَنْبِهِ : لَوْ رَأَيْتَنَا حِينَ الْتَقَيْنَا نَحْنُ وَالْعَدُوُّ ، فَحَمَلَ فُلَانٌ وَطَعَنَ ، فَقَالَ : خُذْهَا مِنِّي ، وَأَنَا الْغُلَامُ الْغِفَارِيُّ ، كَيْفَ تَرَى فِي قَوْلِهِ ؟ قَالَ : مَا أَرَاهُ (٥) إِلَّا قَدْ بَطَلَ أَجْرُهُ . فَسَمِعَ بِذَلِكَ آخَرُ فَقَالَ : مَا أَرَى بِذَلِكَ بَأْسًا ، فَتَنَازَعَا حَتَّى سَمِعَ رَسُولُ اللَّهِ ﷺ فَقَالَ : « سُبْحَانَ اللَّهِ ؟ لَا بَأْسَ أَنْ يُؤْجَرَ وَيُحْمَدَ » فَرَأَيْتُ أَبَا الدَّرْدَاءِ سُرَّ بِذَلِكَ ، وَجَعَلَ يَرْفَعُ رَأْسَهُ إِلَيْهِ وَيَقُولُ : أَنْتَ سَمِعْتَ ذَلِكَ مِنْ رَسُولُ اللَّهِ ﷺ ؟ فَيَقُولُ : نَعَمْ ، فَمَا زَالَ يُعِيدُ عَلَيْهِ حَتَّى إِنِّي لَأَقُولُ لَيَبْرُكَنَّ عَلَى رُكْبَتَيْهِ ، قَالَ : فَمَرَّ بِنَا يَوْمًا آخَرَ ، فَقَالَ لَهُ أَبُو الدَّرْدَاءِ : كَلِمَةٌ تَنْفَعُنَا وَلَا تَضُرُّكَ ، قَالَ : قَالَ لَنَا رَسُولُ اللَّهِ ﷺ : « الْمُنْفِقُ عَلَى الْخَيْلِ (٦) كَالْبَاسِطِ يَدَهُ بِالصَّدَقَةِ لَا
(١) كذا قال ، وفيه نظر ظاهر بيته في « تخريج المشكاة » ( ٧٦١ ) و « ضعيف أبي داود » (٩٦) - ن - . (٢) أي : منفرداً لا يخالط الناس ولا يجالسهم . (٣) كذا في « أبو داود » وفي « المسند » (٤/ ١٧٩ - ١٨٠) : « إنما هو في صلاة . . فإنما يسبح ويكبر » . وهذا أوضح - ن - . (٤) السرية : هي القطعة من الجيش . (٥) أي : أظنه . (٦) أي : في رعيها وسقيها وعلفها ونحو ذلك . والمراد : الخيل المعدة للجهاد في سبيل الله تعالى .

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