— « Autorise-le et annonce-lui le Paradis », répondit le Prophète ﷺ. Je revins donc vers ʿUmar et lui dis : « Entre ; le Messager d’Allah ﷺ t’annonce le Paradis. » Il entra, s’assit à la gauche du Prophète ﷺ sur le même rebord et laissa ses jambes pendre dans le puits.
Je retournai m’asseoir et me dis : « Si Allah veut du bien pour Untel » — c’est-à-dire pour mon frère — « Il le fera venir. » Quelqu’un survint alors et poussa la porte. « Qui est-ce ? », demandai-je. « ʿUthmân ibn ʿAffân », répondit-il. « Doucement », lui dis-je, puis j’allai informer le Prophète ﷺ. Il dit : « Autorise-le et annonce-lui le Paradis, mais une épreuve l’atteindra. » Je revins donc et lui dis : « Entre ; le Messager d’Allah ﷺ t’annonce le Paradis, mais une épreuve te touchera. » Il entra et trouva le rebord déjà occupé ; il s’assit alors en face d’eux, de l’autre côté.
Saʿîd ibn al-Musayyib déclara : « J’y ai vu l’allusion à leurs tombes. » Rapporté par al-Bukhârî et Muslim.
Une autre version ajoute : « Le Messager d’Allah ﷺ me chargea de garder la porte. » On y lit encore que, lorsque ʿUthmân reçut cette annonce, il loua Allah Très-Haut puis dit : « C’est d’Allah que l’on implore le secours. »
Quant au terme « wajjah », avec wāw ouverte et jīm redoublé, il signifie : « se diriger ». L’expression « biʾr Arîs » se lit avec hamza ouverte, rāʾ cassée, suivie d’un yāʾ atone puis d’un sīn ; le nom est normalement déclinable, bien que certains l’en exemptent. Le mot « quff », avec qāf fermée et fāʾ redoublé, désigne le muret construit autour du puits. La locution « ʿalâ rislik », traditionnellement avec un rāʾ cassé — certains le prononcent ouvert — signifie : « prends-y doucement ».
715 – Abû Hurayra – qu’Allah l’agrée – rapporte : « Nous étions assis autour du Messager d’Allah ﷺ ; Abû Bakr et ʿUmar – qu’Allah les agrée – se trouvaient parmi un petit groupe. Le Messager d’Allah ﷺ se leva d’entre nous(1) et tarda à revenir ; nous craignîmes qu’il ne fût retenu loin de nous et, inquiets, nous nous levâmes. J’étais le premier à m’alarmer ; je sortis donc à la recherche du Messager d’Allah ﷺ jusqu’à ce que j’atteignis un jardin des Ansâr appartenant aux Banû al-Najjâr. J’en fis le tour pour voir si j’y trouverais une porte, mais n’en trouvai aucune. Je vis alors un rabiʿ — un petit canal — qui pénétrait dans l’enceinte du jardin à partir d’un puits se trouvant à l’extérieur ; je creusai un passage et pénétrai auprès du Messager d’Allah ﷺ. »