Riyad al-SalihinAn-Nawawi

Il ne me répondit donc absolument rien ! J’en vins à lui en vouloir plus qu’à ʿUthmân. Quelques nuits passèrent, puis le Prophète ﷺ demanda Ḥafṣa en mariage et je la lui donnai. Abû Bakr me rencontra alors et dit : « Peut-être as-tu été contrarié lorsque tu m’as proposé Ḥafṣa et que je ne t’ai rien répondu ? » – « Oui », répondis-je. Il reprit : « Ce qui m’a empêché de te répondre, c’est que je savais que le Prophète ﷺ avait évoqué son désir de l’épouser ; je ne pouvais donc divulguer le secret du Messager d’Allah ﷺ. Si toutefois le Prophète ﷺ l’avait laissée, je l’aurais épousée. » Rapporté par al-Bukhârî.

« taʾayyam » : c’est-à-dire qu’elle se retrouva sans mari ; son époux – qu’Allah l’agrée – était décédé.
« wajadta » : tu t’es fâché.

692 – ʿÂʾicha – qu’Allah l’agrée – rapporte : « Nous, les épouses du Prophète ﷺ, étions auprès de lui lorsque Fâṭima – qu’Allah l’agrée – entra en marchant, reproduisant exactement la démarche du Messager d’Allah ﷺ. Lorsqu’il la vit, il lui souhaita la bienvenue et dit : “Bienvenue à ma fille !”, puis il la fit asseoir à sa droite ou à sa gauche. Il lui confia alors un secret et elle fondit en larmes ; voyant son affliction, il lui confia une seconde fois et elle se mit à rire. Je lui dis : “Le Messager d’Allah ﷺ t’a distinguée par une confidence parmi ses épouses, et tu pleures tout de même !” Quand le Messager d’Allah ﷺ se leva, je l’interrogeai : “Qu’est-ce qu’il t’a dit ?” Elle répondit : “Je ne saurais divulguer le secret du Messager d’Allah ﷺ.” Après le décès du Messager d’Allah ﷺ, je lui dis : “Je t’en conjure (1), par le droit que j’ai sur toi, raconte-moi ce qu’il t’a dit.” Elle dit : “À présent, oui. Lorsqu’il me parla pour la première fois, il m’annonça : ‘Gabriel avait l’habitude de me faire réviser le Coran une fois (2) – ou deux – chaque année ; cette année, il l’a fait deux fois. Je n’y vois qu’un signe de la proximité de mon terme. Crains Allah et sois patiente, car je suis pour toi un excellent prédécesseur.’ Je me mis alors à pleurer comme tu l’as vu. Puis, lorsqu’il constata ma peine, il me parla une seconde fois et dit : ‘Ô Fâṭima, n’es-tu pas heureuse d’être…’ »

(1) Expression destinée à placer quelqu’un sous serment ou sous l’autorité d’un droit afin qu’il révèle ce qu’il sait.
(2) C’est-à-dire qu’il révisait l’intégralité du Coran avec lui une fois par an.

(1) Autrement dit : « je t’adjure » (je te fais prêter serment). (2) Autrement dit : l’ange lui faisait réviser tout le Coran déjà révélé. Al-Hafiz (Ibn Hajar) précise que le verbe est de forme réciproque : chacun, à tour de rôle, récitait pendant que l’autre écoutait.
اللَّهِ عَنهُ ، فَلَمْ يَرْجِعْ إِلَيَّ شَيْئًا ! فَكُنْتُ عَلَيْهِ أَوْجَدَ مِنِّي عَلَى عُثْمَانَ ، فَلَبِثَ لَيَالِيَ ثُمَّ خَطَبَهَا النَّبِيُّ ﷺ ، فَأَنْكَحْتُهَا إِيَّاهُ . فَلَقِيَنِي أَبُو بَكْرٍ فَقَالَ : لَعَلَّكَ وَجَدْتَ عَلَيَّ حِينَ عَرَضْتَ عَلَيَّ حَفْصَةَ فَلَمْ أَرْجِعْ إِلَيْكَ شَيْئًا ؟ فَقُلْتُ : نَعَمْ ، قَالَ : فَإِنَّهُ لَمْ يَمْنَعْنِي أَنْ أَرْجِعَ إِلَيْكَ فِيمَا عَرَضْتَ عَلَيَّ إِلَّا أَنِّي كُنْتُ عَلِمْتُ أَنَّ النَّبِيَّ ﷺ ذَكَرَهَا ، فَلَمْ أَكُنْ لِأَفْشِيَ سِرَّ رَسُولِ اللَّهِ ﷺ ، وَلَوْ تَرَكَهَا النَّبِيُّ ﷺ لَقَبِلْتَهَا . رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ . « تَأَيَّمَتْ » أَيْ صَارَتْ بِلَا زَوْجٍ ، وَكَانَ زَوْجُهَا تُوُفِّيَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ . « وَجَدْتَ » : غَضِبْتَ . ٦٩٢ - وَعَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ : كُنَّ أَزْوَاجُ النَّبِيِّ ﷺ عِنْدَهُ ، فَأَقْبَلَتْ فَاطِمَةُ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا تَمْشِي ، مَا تُخْطِئُ مِنْ مَشْيَةِ رَسُولِ اللَّهِ ﷺ شَيْئًا ، فَلَمَّا رَآهَا رَحَّبَ بِهَا وَقَالَ : « مَرْحَبًا بِابْنَتِي » ، ثُمَّ أَجْلَسَهَا عَنْ يَمِينِهِ أَوْ عَنْ شِمَالِهِ ، ثُمَّ سَارَهَا فَبَكَتْ بُكَاءً شَدِيدًا ، فَلَمَّا رَأَى جَزَعَهَا ، سَارَهَا الثَّانِيَةَ فَضَحِكَتْ ، فَقُلْتُ لَهَا : خَصَّكِ رَسُولُ اللَّهِ ﷺ مِنْ بَيْنِ نِسَائِهِ بِالسِّرَارِ ، ثُمَّ أَنْتِ تَبْكِينَ ! فَلَمَّا قَامَ رَسُولُ اللَّهِ ﷺ سَأَلْتُهَا : مَا قَالَ لَكِ رَسُولُ اللَّهِ ﷺ ؟ قَالَتْ : مَا كُنْتُ أُفْشِي عَلَى رَسُولِ اللَّهِ ﷺ سِرَّهُ ، فَلَمَّا تُوُفِّيَ رَسُولُ اللَّهِ ﷺ قُلْتُ : عَزَمْتُ عَلَيْكِ (١) بِمَا لِي عَلَيْكِ مِنَ الْحَقِّ ، لَمَّا حَدَّثْتِنِي مَا قَالَ لَكِ رَسُولُ اللَّهِ ﷺ ؟ فَقَالَتْ : أَمَّا الْآنَ فَنَعَمْ ، أَمَّا حِينَ سَارَنِي فِي الْمَرَّةِ الْأُولَى فَأَخْبَرَنِي « أَنَّ جِبْرِيلَ كَانَ يُعَارِضُهُ الْقُرْآنَ فِي كُلِّ سَنَةٍ مَرَّةً (٢) أَوْ مَرَّتَيْنِ ، وَأَنَّهُ عَارَضَهُ الْآنَ مَرَّتَيْنِ ، وَإِنِّي لَا أَرَى الْأَجَلَ إِلَّا قَدِ اقْتَرَبَ ، فَاتَّقِي اللَّهَ وَاصْبِرِي ، فَإِنَّهُ نِعْمَ السَّلَفُ أَنَا لَكِ » فَبَكَيْتُ بُكَائِي الَّذِي رَأَيْتُ ، فَلَمَّا رَأَى جَزَعِي سَارَنِي الثَّانِيَةَ ، فَقَالَ : « يَا فَاطِمَةُ أَمَا تَرْضَيْنَ أَنْ تَكُونِي
(١) أَيْ : أَقْسَمْتُ عَلَيْكِ . (٢) أَيْ : كَانَ يُدَارِسُهُ جَمِيعَ مَا نَزَلَ مِنَ الْقُرْآنِ . قَالَ الْحَافِظُ : « مُفَاعَلَةٌ مِنَ الْجَانِبَيْنِ ، كَأَنَّ كِلَا مِنْهُمَا كَانَ تَارَةً يَقْرَأُ ، وَالْآخَرُ يَسْتَمِعُ » .

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