se colle à la maille voisine et demeure figé à sa place ; il s’efforce de l’élargir, mais elle ne se détend pas. » Rapporté par al-Bukhârî et Muslim.
Le terme al-junnah (la cuirasse) signifie ici que, pour le généreux, l’armure s’étend et s’allonge à chaque dépense, jusqu’à traîner derrière lui et à couvrir ses jambes, l’empreinte de ses pas et la trace de chacune de ses foulées.
566 – Abû Hurayra – qu’Allah l’agrée – rapporte encore que le Messager d’Allah ﷺ a dit :
« Quiconque fait l’aumône, fût-ce de l’équivalent[1] d’une seule datte issue d’un gain licite – et Allah n’accepte que ce qui est licite –, Allah la reçoit de Sa main droite ; puis Il la fait fructifier pour son propriétaire comme l’un de vous élève son poulain (fuluww), jusqu’à ce qu’elle devienne pareille à une montagne. » Rapporté par al-Bukhârî et Muslim[2].
567 – Selon lui encore, le Prophète ﷺ a dit :
« Alors qu’un homme marchait dans une vaste plaine désertique[3], il entendit une voix venant d’un nuage : “Arrose le verger d’Untel !” Le nuage se déplaça alors et déversa son eau sur une ḥarra – terrain basaltique couvert de pierres noires – ; l’eau s’engouffra dans l’une des ravines (sharja) et l’absorba entièrement. L’homme suivit le cours de l’eau et trouva un cultivateur debout dans son jardin, qui détournait l’eau à l’aide de sa pelle. Il lui dit : “Serviteur d’Allah, quel est ton nom ?” – il lui donna le nom qu’il avait entendu dans la nuée. Il reprit : “Serviteur d’Allah, pourquoi me demandes-tu mon nom ?” Il répondit : “J’ai entendu une voix dans le nuage qui a versé cette eau dire : ‘Arrose le verger d’Untel’, en citant ton nom. Qu’en fais-tu donc ?” Il dit : “Puisque tu me l’as demandé, sache que j’en consacre un tiers en aumône, j’en mange, ma famille et moi, un tiers, et je réinvestis le dernier tiers dans l’exploitation.” » Rapporté par Muslim.
Notes :
[1] C’est-à-dire le poids ou la valeur d’une datte seulement.
[2] Fuluw : avec fâ ouverte, lâm vocalisée en ḍamma et wāw redoublé (on dit aussi avec fâ kasrée, lâm muette et wāw allégée) ; il s’agit d’un jeune poulain.
[3] Falâ : étendue désertique dépourvue d’habitation.