559 – D’après ʿUmar — qu’Allah l’agrée —, le Messager d’Allah ﷺ procéda un jour à une distribution. Je lui dis alors : « Ô Messager d’Allah, d’autres que ceux-ci y avaient plus de droit qu’eux ! » Il répondit : « Ils m’ont mis au pied du mur : soit ils m’interpellent avec rudesse, soit ils me taxent d’avarice (1), or je ne suis pas avare. » Rapporté par Muslim.
(1) Autrement dit : ils me traitent de pingre.
560 – D’après Jubayr ibn Muṭʿim — qu’Allah l’agrée — : Alors qu’il marchait avec le Prophète ﷺ au retour (1) de Ḥunayn, des Bédouins l’encerclèrent pour solliciter des dons, au point de le pousser contre un samura (2) et d’arracher son manteau. Le Prophète ﷺ s’arrêta et dit : « Rendez-moi mon manteau ; si je possédais en bétail l’équivalent du nombre de ces ʿiḍâh (3), je le répartirais entre vous. Vous ne me trouveriez alors ni avare, ni menteur, ni lâche. » Rapporté par al-Bukhârî.
(1) C’est-à-dire : lors du trajet de retour.
(2) Un acacia du désert.
(3) Arbres épineux du même type.
561 – Abû Hurayra — qu’Allah l’agrée — rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « L’aumône ne diminue jamais une fortune ; Allah n’ajoute à un serviteur, du fait de son pardon, que de la noblesse ; et nul ne s’humilie pour Allah sans qu’Allah — Puissant et Majestueux — ne l’élève. » Rapporté par Muslim.
562 – Abû Kabsha ʿAmr ibn Saʿd al-Anmârî — qu’Allah l’agrée — raconte avoir entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : « Il y a trois choses au sujet desquelles je jure, et je vais vous transmettre un propos : retenez-le bien. La fortune d’un serviteur ne diminue pas à cause de l’aumône ; aucun serviteur n’endure patiemment une injustice sans qu’Allah n’accroisse son honneur ; et nul n’ouvre la porte de la mendicité sans qu’Allah ne lui ouvre la porte de la pauvreté — ou une expression similaire. Je vais maintenant vous exposer un enseignement : mémorisez-le. La vie d’ici-bas se divise entre quatre personnes. Premièrement, un serviteur qu’Allah a gratifié de richesse et de science : il craint son Seigneur grâce à ces dons, entretient les liens de parenté et reconnaît le droit d’Allah dans sa fortune ; celui-là occupe le rang le plus éminent. Deuxièmement, un serviteur à qui Allah a accordé la science mais non la richesse ; animé d’une intention sincère, il dit : “Si je possédais des biens, j’agirais comme untel.” Il est donc récompensé selon son intention, et leur mérite est identique. Troisièmement, un serviteur qu’Allah a pourvu de richesse sans lui accorder la science, il