Al-Kattânî (p. 6) (1). — Même si nombre de savants postérieurs manquent à respecter cette terminologie, je n’aurais jamais pensé que le compilateur – qu’Allah lui fasse miséricorde – les suivrait sur ce point ; or l’infaillibilité n’appartient qu’à Allah seul. L’auteur expose pourtant lui-même, dans son « Taqrîb », la différence entre les hadiths reliés (mawṣûl) d’al-Bukhârî et ses hadiths suspendus (muʿallaq) quant à leur authenticité ou à son absence. Al-Suyûṭî a développé la question dans son « Tadrîb » (pp. 60-63) d’une façon amplement suffisante.
4 – Après le hadith (954) il écrit : « Aš-Šâfiʿî – qu’Allah lui fasse miséricorde – a dit : Il est recommandé de réciter auprès de lui (c’est-à-dire du défunt après son ensevelissement) quelque passage du Coran ; et, s’ils en achevaient la lecture intégrale, ce serait excellent. »
Je dis : j’ignore où l’imâm aš-Šâfiʿî – qu’Allah Très-Haut lui fasse miséricorde – aurait tenu de tels propos, et j’ai de sérieux doutes quant à l’authenticité de cette attribution. En effet, sa doctrine veut que la récitation du Coran et le don de son mérite n’atteignent pas les morts, comme l’a rapporté le ḥâfiẓ Ibn Kathîr à propos du verset : « Et que l’être humain ne recevra que ce qu’il aura entrepris » (sourate An-Najm, verset 39). Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya a lui aussi signalé qu’aucune parole établie ne provient de l’imâm aš-Šâfiʿî sur ce sujet ; il écrit dans « al-Iqtidhâʾ » : « Rien n’est conservé d’aš-Šâfiʿî lui-même sur cette question, car, à ses yeux, cela relevait d’une innovation (bidʿa). » Mâlik a, de son côté, déclaré : « Nous ne connaissons personne qui ait fait cela. » Il apparaît donc que ni les Compagnons ni les Successeurs ne le pratiquaient.
J’ajoute : tel est également l’avis d’Aḥmad : qu’il n’y a pas de récitation sur la tombe, ainsi que je l’ai établi dans mon ouvrage « Aḥkâm al-Janâʾiz » (pp. 192-193). C’est d’ailleurs la conclusion à laquelle est parvenu Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya – qu’Allah Très-Haut lui fasse miséricorde – comme je l’ai montré dans l’ouvrage précité (pp. 173-176).
5 – Il poursuit ensuite : « Chapitre : De l’aumône faite pour le défunt et des invocations en sa faveur. »