le Messager d’Allah ﷺ — alors que je sais pertinemment qu’il est parti vers ce qui, pour lui, vaut mieux que ce monde-ci. Mais je pleure…
Il est étonnant que cette erreur se soit reproduite dans toutes les copies manuscrites et les éditions imprimées, y compris celle du commentateur Ibn ʿAllân (2/223) ! Quant à l’édition récemment parue à Damas, chez Dâr al-Maʾmûn, elle a certes corrigé l’erreur sur le fond, mais sans revenir à la source — le Ṣaḥîḥ Muslim — ni signaler que toutes les copies la répètent. L’infaillibilité n’appartient qu’à Allah seul.
2 – Le hadith d’Abû Saʿîd : « Le Paradis et l’Enfer se disputèrent… », hadiths n°259 et 620, attribué à Muslim.
Je dis : Muslim n’a pas cité ce hadith dans son intégralité ; il n’en a rapporté que le tout début et la toute fin, renvoyant, pour le reste, au hadith d’Abû Hurayra qui le précède, avec un libellé différent de celui que nous avons ici. L’imâm Aḥmad (3/79), en revanche, l’a transmis au complet, exactement dans les termes reproduits par l’auteur ; celui-ci semble donc l’avoir repris de chez lui avant de l’attribuer à Muslim ! Par ailleurs, le hadith figure chez al-Bukhârî, dans le chapitre « Exégèse », d’après Abû Hurayra, dans une version plus longue que celle d’Abû Saʿîd ; le citer aurait donc été préférable.
3 – L’auteur attribue certains hadiths à al-Bukhârî alors que, dans son Ṣaḥîḥ, ils sont rapportés sous forme suspendue (muʿallaq), comme les hadiths 374, 608 et 1032, laissant ainsi entendre qu’ils sont reliés (mawṣûl), ce qui est inexact. Il fallait donc limiter la référence en disant : « Rapporté par al-Bukhârî sous forme suspendue », car il est universellement admis parmi les savants que cette catégorie du recueil n’est pas à l’abri de la critique ; on y trouve même des hadiths faibles. Pour cette raison, et afin de le distinguer du hadith relié, ils s’accordent à exiger une telle précision, comme je l’ai exposé au début de ma réfutation adressée au shaykh Muḥammad al-Muntaṣir