quelques bouchées qui lui maintiennent l’échine droite. Mais s’il ne peut vraiment s’en tenir à cela, qu’il réserve alors un tiers (de son estomac) à sa nourriture, un tiers à sa boisson et un tiers à l’air qu’il respire. » Rapporté par al-Tirmidhî, qui le déclare bon (1).
« Aklāt » : c’est-à-dire de petites bouchées.
522 – Abû Umâma, Iyas b. Thalaba al-Ansârî al-Hârithî — qu’Allah l’agrée — raconte : Un jour, les compagnons du Messager d’Allah ﷺ évoquaient le bas-monde en sa présence. Le Messager d’Allah ﷺ dit alors : « N’entendez-vous donc pas ? N’entendez-vous donc pas ? La badâdha (la simplicité austère) fait partie de la foi, la badâdha fait partie de la foi. » Il visait par là la taqaḥḥul. Rapporté par Abû Dâwûd.
« Al-badâdha » — avec un bāʾ et deux dhāl — désigne le fait de négliger son apparence et de se passer d’habits luxueux. Quant à la « taqaḥḥul » — avec qāf et ḥāʾ —, les lexicographes disent qu’est mutaqaḥḥil l’homme à la peau rêche, endurcie par une vie rude et sans confort.
523 – Abû ʿAbd Allâh, Jâbir b. ʿAbd Allâh — qu’Allah agrée le père et le fils — rapporte : Le Messager d’Allah ﷺ nous envoya en expédition, plaçant Abû ʿUbayda — qu’Allah l’agrée — à notre tête, afin d’intercepter une caravane des Quraysh. Il ne trouva pour nous équiper qu’un seul sac de dattes, et Abû ʿUbayda nous en donnait une par personne. On lui demanda : « Que faisiez-vous d’une seule datte ? » Il répondit : « Nous la suçions comme un nourrisson, puis nous buvions de l’eau dessus ; cela nous suffisait pour la journée jusqu’à la nuit. Nous frappions aussi, avec nos bâtons, les branches de l’arbre appelé al-khabt, les humectissions d’eau et les mangions. »
Il poursuivit : « En longeant la côte, on aperçut, sur le rivage, quelque chose qui ressemblait à une énorme dune. Nous nous en approchâmes : c’était une créature marine appelée al-ʿanbar (cachalot). Abû ʿUbayda dit d’abord : “C’est une bête morte !” puis reprit : “Non : nous sommes les envoyés du Messager d’Allah ﷺ, sur le sentier d’Allah, et vous êtes dans la nécessité ; mangez-en.” Nous demeurâmes auprès d’elle un mois — nous étions trois cents —, au point de reprendre du poids. J’ai vu des compagnons puiser, avec des outres, de la graisse dans son orbite, et nous découpions de sa chair des morceaux gros comme un taureau. Abû ʿUbayda prit ensuite trois…
(1) Litt. : « … quelques bouchées pour redresser sa colonne vertébrale ».