— Où est untel ? — Il est allé nous chercher de l’eau douce.
À ce moment-là revint l’Anṣârî. Dès qu’il vit le Messager d’Allah ﷺ et ses deux compagnons, il s’exclama : « Louange à Allah ! Aujourd’hui, personne n’a des hôtes plus illustres que les miens. » Il partit aussitôt chercher un régime contenant des busr (dattes encore fermes), des tamr (dattes mûres et sèches) et des rutab (dattes fraîches), qu’il leur présenta en disant : « Mangez ! » Puis il prit un couteau. Le Messager d’Allah ﷺ lui dit : « Garde-toi de sacrifier la bête laitière. » Il égorgea donc une brebis pour eux ; ils mangèrent de la viande, du régime de dattes, puis burent. Quand ils furent rassasiés et désaltérés, le Messager d’Allah ﷺ dit à Abû Bakr et ʿUmar — qu’Allah les agrée : « Par Celui qui tient mon âme dans Sa main, vous serez interrogés, au Jour de la Résurrection, au sujet de ce bienfait : c’est la faim qui vous a fait sortir de vos maisons, et vous n’y êtes pas retournés avant d’avoir goûté à cette grâce. » Hadith rapporté par Muslim.
Dans la parole de la femme : « Il est allé nous chercher de l’eau douce », c’est-à-dire une eau agréable au goût. « Al-ʿidhq », avec ʿayn brève et dâl muet, désigne la grappe de dattes, autrement dit la branche portant les fruits. « Al-mudiya », avec mîm portant la ḍamma ou la kasra, signifie : le couteau. « Al-ḥalûb » désigne la bête laitière.
L’interrogation relative à ce bienfait est un recensement des grâces divines, non un reproche ni une menace de châtiment. Et Allah est plus savant.
Quant à l’Anṣârî chez qui ils se rendirent, il s’agissait d’Abû l-Haytham ibn at-Tayyihân, comme cela est précisé dans la version de at-Tirmidhî et d’autres.
503 – Khâlid ibn ʿUmayr al-ʿAdawî rapporte : ʿUtba ibn Ghazwân — alors gouverneur de Baṣra — nous adressa un sermon. Après avoir loué Allah et proclamé Sa grandeur, il dit : « Ceci dit, le bas-monde a annoncé sa fin ; il tourne les talons, et il n’en reste plus qu’un résidu, tel la dernière goutte qui demeure au fond d’un récipient et que son propriétaire aspire à boire. Vous vous apprêtez à passer de ce monde à une demeure impérissable ; emportez donc, comme provision, ce qu’il y a de meilleur parmi ce qui vous est offert. Il nous a été rapporté qu’une pierre lancée depuis le rebord de la Géhenne (1) y tombe pendant soixante-dix ans sans jamais atteindre le fond. Par Allah… "