parce que de nombreuses personnes saisissent mal le hadith lorsqu’il en est privé ; si tu leur ordonnes ce que la Loi sage leur a prescrit – tel que laisser pousser la barbe, s’abstenir d’imiter les mécréants, et autres obligations religieuses de cet ordre –, ils te rétorquent que l’essentiel réside dans le cœur et, pour appuyer leur prétention, invoquent ce hadith, sans savoir qu’il comporte cet ajout authentique attestant qu’Allah – béni et exalté soit-Il – regarde également leurs actes : s’ils sont bons, Il les agrée, sinon Il les rejette, comme le montrent de nombreux textes, parmi lesquels cette parole du Prophète ﷺ : « Quiconque introduit dans notre affaire quelque chose qui n’en fait pas partie, cela est rejeté. » (1).
En vérité, on ne saurait concevoir la rectitude des cœurs sans la rectitude des actes, ni la rectitude des actes sans celle des cœurs. Le Messager d’Allah ﷺ l’a exposé de la façon la plus limpide dans le hadith d’al-Nuʿmân b. Bachîr : « … Sachez qu’il est, dans le corps, un morceau de chair ; s’il est sain, c’est tout le corps qui est sain, et s’il est corrompu, c’est tout le corps qui est corrompu ; il s’agit du cœur. » (hadith 593). Il l’a également affirmé dans un autre hadith : « Mettez vos rangs en ordre, ou Allah mettra la divergence entre vos visages », c’est-à-dire vos cœurs (hadith 1096) (2). De même, il a dit ﷺ : « Allah est beau et Il aime la beauté. » Cette parole concerne la beauté matérielle licite, contrairement à ce que s’imaginent beaucoup de gens. Voir hadith 617.
Une fois cela compris, l’une des erreurs les plus grossières que j’ai relevées dans ce livre, Riyâḍ, dans toutes les copies manuscrites et imprimées que j’ai pu consulter, est que l’auteur – qu’Allah lui fasse miséricorde – a certes récupéré l’ajout en question dans le hadith 1578, mais que sa plume, ou celle de son copiste, a dérapé et l’a placé à un endroit qui en dénature le sens ; on y lit donc : « … ni à vos apparences ni à vos œuvres, mais Il regarde … ». Cette bévue a échappé à tous les compositeurs, correcteurs et annotateurs, sans même en excepter les correcteurs.