Riyad al-SalihinAn-Nawawi

te rends-tu ? » – « À Koufa. »
– « Ne veux-tu pas que je rédige une lettre pour son gouverneur ? » – « Il m’est plus cher de demeurer parmi la masse anonyme. »

L’année suivante, l’un de leurs notables accomplît le pèlerinage et rencontra ‘Umar, qui l’interrogea au sujet d’Uways. Il répondit : « Je l’ai laissé dans une maison délabrée, possédant bien peu (1). » ‘Umar déclara : « J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : « Il vous viendra Uways b. ‘Âmir avec les renforts du Yémen ; il est de Murâd, puis de Qarn. Il fut atteint de leucodermie dont il guérit, à l’exception d’une tache large comme un dirham ; il a une mère qu’il honore pieusement ; s’il jurait par Allah, Allah exaucerait son serment. Si donc tu peux lui demander d’implorer le pardon pour toi, fais-le. » »

L’homme se rendit auprès d’Uways et lui dit : « Implore le pardon pour moi. » Uways répondit : « Tu reviens d’un voyage pieux plus récent que le mien : implore plutôt pour moi. » – « As-tu rencontré ‘Umar ? » – « Oui. » Uways sollicita alors le pardon pour lui. Lorsque les gens s’en avisèrent, il s’éclipsa aussitôt (2). Rapporté par Muslim.

Dans une autre version, également rapportée par Muslim, Usayr b. Jâbir – qu’Allah l’agrée – raconte que des habitants de Koufa vinrent en délégation auprès de ‘Umar ; parmi eux se trouvait un homme qui se moquait d’Uways. ‘Umar demanda : « Se trouve-t-il ici quelqu’un des Qarnites ? » L’homme s’avança. ‘Umar poursuivit : « Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Un homme du Yémen, nommé Uways, viendra à vous. Il n’y a au Yémen pour lui d’autre proche qu’une mère. Il fut atteint d’une dépigmentation ; il invoqua Allah Très-Haut, qui la fit disparaître, sauf une surface de la taille d’un dînâr ou d’un dirham. Que celui d’entre vous qui le rencontrera lui demande d’implorer le pardon pour vous. » »

Dans une autre version encore, ‘Umar – qu’Allah l’agrée – rapporte : « J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : « Le meilleur des tâbi‘în est un homme nommé Uways ; il a une mère et fut atteint de dépigmentation. Demandez-lui donc d’implorer le pardon pour vous. » »

Quant à l’expression « ghabrâ’ an-nâs » – avec un ghayn ouvert, un b immobile et un allongement –, elle désigne les pauvres, les déshérités et les anonymes mêlés à la foule. Le terme « amdâd », pluriel de madad, renvoie aux renforts militaires.

Notes :
(1) Litt. « dans une maison en loques » : c’est-à-dire une demeure misérable et presque vide de biens.
(2) Litt. « il partit droit devant lui » : il disparut aussitôt, sans laisser de trace.
(3) Le terme « bayâḍ » évoque ici une dépigmentation cutanée (leucodermie).

(1) Autrement dit : un mobilier domestique vétuste ; « rath » qualifie ce qui est médiocre ou usé. (2) Autrement dit : à l’extérieur. (3) Autrement dit : vitiligo (dépigmentation cutanée).
تُرِيدُ ؟ قال : الْكُوفَةُ ، قال : أَلَا أَكْتُبُ لَكَ إِلَى عَامِلِهَا ؟ قال : أَكُونُ فِي غَبْرَاءِ النَّاسِ أَحَبُّ إِلَيَّ ، فَلَمَّا كَانَ مِنَ الْعَامِ الْمُقْبِلِ حَجَّ رَجُلٌ مِنْ أَشْرَافِهِمْ ، فَوَافَقَ عُمَرَ ، فَسَأَلَهُ عَنْ أُوَيْسٍ ، فقال : تَرَكْتُهُ رَثَّ الْبَيْتِ (١) قَلِيلَ الْمَتَاعِ ، قال : سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ ﷺ يَقُولُ : « يَأْتِي عَلَيْكُمْ أُوَيْسُ بْنُ عَامِرٍ مَعَ أَمْدَادٍ مِنْ أَهْلِ الْيَمَنِ مِنْ مُرَادٍ ، ثُمَّ مِنْ قَرْنٍ ، كَانَ بِهِ بَرَصٌ فَبَرَأَ مِنْهُ إِلَّا مَوْضِعَ دِرْهَمٍ ، لَهُ وَالِدَةٌ هُوَ بِهَا بَرٌّ ، لَوْ أَقْسَمَ عَلَى اللَّهِ لَأَبَرَّهُ ، فَإِنِ اسْتَطَعْتَ أَنْ يَسْتَغْفِرَ لَكَ ، فَافْعَلْ » ، فَأَتَى أُوَيْسًا ، فقال : اسْتَغْفِرْ لِي قال : أَنْتَ أَحْدَثُ عَهْدًا بِسَفَرٍ صَالِحٍ ، فَاسْتَغْفِرْ لِي قال : لَقِيتَ عُمَرَ ؟ قال : نَعَمْ . فَاسْتَغْفِرْ لَهُ ، فَفَطِنَ لَهُ النَّاسُ ، فَانْطَلَقَ عَلَى وَجْهِهِ (٢) . رواه مسلم . وفي رواية لمسلم أيضاً عن أُسَيْرِ بْنِ جَابِرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّ أَهْلَ الْكُوفَةِ وَفَدُوا عَلَى عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ ، وَفِيهِمْ رَجُلٌ مِمَّنْ كَانَ يَسْخَرُ بِأُوَيْسٍ ، فقال عُمَرُ : هَلْ هَهُنَا أَحَدٌ مِنَ الْقَرْنِيِّينَ ؟ فَجَاءَ ذَلِكَ الرَّجُلُ ، فقال عُمَرُ : إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ ﷺ قد قال : « إِنَّ رَجُلًا يَأْتِيكُمْ مِنَ الْيَمَنِ يُقَالُ لَهُ : أُوَيْسٌ ، لَا يَدَعُ بِالْيَمَنِ غَيْرَ أُمٍّ لَهُ ، قَدْ كَانَ بِهِ بَيَاضٌ (٣) فَدَعَا اللَّهُ تَعَالَى ، فَأَذْهَبَهُ إِلَّا مَوْضِعَ الدِّينَارِ أَوِ الدِّرْهَمِ ، فَمَنْ لَقِيَهُ مِنْكُمْ فَلْيَسْتَغْفِرْ لَكُمْ » . وفي رواية له عن عمر رضي الله عنه قال : إِنِّي سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ ﷺ يقول : « إِنَّ خَيْرَ التَّابِعِينَ رَجُلٌ يُقَالُ لَهُ : أُوَيْسٌ ، وَلَهُ وَالِدَةٌ وَكَانَ بِهِ بَيَاضٌ ، فَمُرُوهُ ، فَلْيَسْتَغْفِرْ لَكُمْ » . قوله « غَبْرَاءُ النَّاسِ » بفتح الغين المعجمة ، وإسكان الباء وبالمد ، وهم فُقَرَاؤُهُمْ وَصَعَالِيكُهُمْ وَمَنْ لَا يُعْرَفُ عَيْنُهُ مِنْ أَخْلَاطِهِمْ وَ« الْأَمْدَادُ » جَمْعُ مَدَدٍ وَهُمْ
(١) أي : رث متاع البيت . والرث : الدون أو الخلق البالي . (٢) أي : خارجاً . (٣) أي : برص .

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