J’ai dit : il (at-Tirmidhî) a encore déclaré : « hadith bon (ḥasan), ğarīb ». Telle est bien sa sentence, alors même que la chaîne contient Ibrâhîm b. ʿAbd Allâh b. Ḥâṭib, un rapporteur au statut inconnu ; Ibn Ḥibbân l’a tenu pour fiable selon son principe habituel, et le shaykh Aḥmad Shâkir – qu’Allah lui fasse miséricorde – s’en est laissé abuser, comme à son ordinaire, au point d’authentifier le hadith ! Or Mâlik l’a transmis sous forme de balâgh, comme une parole de Jésus – sur lui la paix. Nous avons longuement traité la question dans Silsilat al-Aḥâdīth aḍ-Ḍaʿīfa (n° 920).
18 – (1625) « D’après Ibn ʿUmar – qu’Allah les agrée tous deux – : Des gens… » Tel est le libellé de la source, laissant entendre que le hadith appartient au Musnad même d’Ibn ʿUmar, autrement dit qu’il rapporterait lui-même ce que ces gens lui dirent. Il s’agit toutefois d’une erreur née d’une narration au sens ; la version correcte provient du Musnad de son petit-fils, Muḥammad b. Zayd b. ʿAbd Allâh b. ʿUmar, lequel dit : « Des gens dirent à Ibn ʿUmar… ». C’est ainsi que le hadith figure chez al-Bukhârî (13/149 – Fatḥ) et c’est de cette façon que l’auteur, qu’Allah lui fasse miséricorde, l’a cité plus haut sous le numéro 1549.
Par ailleurs, l’attribution de la formulation citée à al-Bukhârî appelle deux remarques :
- La mention « à l’époque du Messager d’Allah ﷺ » ne se trouve pas chez lui ; elle n’apparaît que chez aṭ-Ṭayâlisî.
- Al-Bukhârî lit « notre sultan » (singulier) et non « nos sultans » ; cette dernière variante est également propre à la version de aṭ-Ṭayâlisî, comme l’a signalé al-Ḥâfiẓ dans Fatḥ al-Bârî – vois-y si tu le souhaites.
19 – (1765) « D’après Anas – qu’Allah l’agrée… rapporté par at-Tirmidhî, lequel a dit : hadith bon et authentique. »
Tel est le texte que l’on trouve ici, probablement tiré d’un exemplaire de Tirmidhî. Dans l’édition de Boulaq (1/116), cependant, on lit simplement : « hadith bon » ; en marge, il est noté : « dans un autre manuscrit, on lit au lieu de bon : ğarīb ».