et lui dit : « Ô Messager d’Allah, sais-tu que j’ai affranchi ma servante ? » — « Ah, tu l’as vraiment fait ? » demanda-t-il. — « Oui », confirma-t-elle. Il reprit : « Sache que si tu l’avais donnée à tes oncles maternels, la récompense pour toi eût été plus grande. » Rapporté par al-Bukhârî et Muslim.
330 – Asmâʾ bint Abî Bakr aṣ-Ṣiddîq — qu’Allah les agrée tous deux — rapporte : Ma mère arriva chez moi alors qu’elle était polythéiste, du vivant du Messager d’Allah ﷺ(1). Je consultai donc le Prophète ﷺ et lui dis : « Ma mère vient d’arriver, espérant recevoir quelque chose de moi ; puis-je maintenir les liens avec elle ? » Il répondit : « Oui, maintiens-les avec ta mère. » Rapporté par al-Bukhârî et Muslim.
Son terme « râghiba » signifie : « désireuse, en quête de quelque chose auprès de moi ». On a soutenu qu’il s’agissait de sa mère de sang, d’autres ont dit : de sa mère de lait ; l’avis correct est le premier.
331 – Zaynab la Thaqafite, épouse de ʿAbd Allâh ibn Masʿûd — qu’Allah l’agrée — raconte : Le Messager d’Allah ﷺ dit : « Ô assemblée des femmes, faites l’aumône, ne fût-ce qu’avec vos bijoux ! » Je revins alors auprès d’ʿAbd Allâh ibn Masʿûd et lui dis : « Tu es un homme aux moyens limités(2), et le Messager d’Allah ﷺ nous a ordonné de donner l’aumône ; va donc l’interroger : si cela suffit pour moi(3), je la verserai pour toi, sinon je la destinerai à d’autres. » ʿAbd Allâh répondit : « Rends-toi plutôt toi-même auprès de lui. »
Je partis ; à la porte du Messager d’Allah ﷺ, je trouvai une femme des Ansâr dont le besoin était le même que le mien. La majesté qui entourait le Prophète ﷺ imposait le respect. Bilâl sortit vers nous ; nous lui dîmes : « Va dire au Messager d’Allah ﷺ que deux femmes se tiennent à la porte et te demandent si l’aumône qu’elles versent pour leurs maris et pour des orphelins qu’elles élèvent(4) leur sera comptée ; mais ne lui révèle pas qui nous sommes. » Bilâl entra, puis questionna le Prophète ﷺ, qui demanda : « Qui sont-elles ? » — « Une femme des Ansâr et Zaynab », répondit-il. — « Laquelle des Zaynab ? » — « L’épouse d’ʿAbd Allâh. » Le Prophète ﷺ déclara alors : « Elles recevront deux récompenses : la récompense de la parenté et celle de l’aumône. » Rapporté par al-Bukhârî et Muslim.
(1) C’est-à-dire avant la conquête de La Mecque.
(2) Litt. : « légère de main », expression signifiant : peu fortuné.
(3) Autrement dit : si l’aumône que je verse pour toi me suffit.
(4) Les deux femmes avaient sous leur tutelle des orphelins proches parents.