Je dis : Tel est bien son propos, mais l’objection est évidente, car la chaîne repose sur Abû ʿUbayda b. ʿAbd Allâh b. Masʿûd ; or, comme at-Tirmidhî l’a rappelé à maintes reprises, il n’a jamais entendu son père ; la chaîne est donc interrompue. En outre, les rapporteurs se sont contredits quant à son isnâd selon quatre variantes que j’ai relevées et discutées en détail dans « Les hadiths faibles et fabriqués et leurs effets néfastes sur la communauté » (n° 1105).
2 – Hadith (486) : « Rapporté par at-Tirmidhî, qui a dit : “Hadith authentique.” »
Je dis : Il est au contraire faible. Sa chaîne compte deux rapporteurs défaillants, comme je l’ai montré dans « Les hadiths faibles et fabriqués », n° 1063.
3 – Hadith (894), au sujet du fait d’embrasser sa ﷺ main et son pied : « Rapporté par at-Tirmidhî et d’autres avec des chaînes authentiques. »
Je dis : C’est ainsi qu’il s’exprime, pourtant ni lui ni les autres ne disposent que d’une seule chaîne pour ce hadith. Nous reviendrons en détail sur cette affirmation de l’auteur, comme il se doit, dans (la seconde note). De plus, cette chaîne contient ʿAbd Allâh b. Salamah – avec kasra sur le lâm – al-Murâdî, personnage controversé. C’est lui qui rapporte le hadith d’ʿAlî interdisant la récitation du Coran en état d’impureté majeure, et les grands vérificateurs l’ont déclaré faible, ainsi que l’a reconnu l’auteur : Aḥmad, ash-Shâfiʿî, al-Bukhârî et d’autres, comme on le verra en détail dans « Faible Abû Dâwûd » (30). Az-Zaylaʿî rapporte dans « Naṣb ar-Râyah » (4/258) qu’an-Nasâʾî a qualifié ce hadith d’at-Tirmidhî de « hadith rejeté (munkar) ». Il ajoute : « Al-Munḏirî explique que ce rejet provient de la présence de ʿAbd Allâh b. Salamah, objet de critiques. »
4 – Hadith (895) : « Nous nous approchâmes du Prophète ﷺ et nous lui baisâmes la main. » Rapporté par Abû Dâwûd.
Je dis : Sa chaîne comprend Yazîd b. Abî Ziyâd al-Hâshimî, leur affranchi ; al-Ḥâfiẓ a dit à son sujet : « Faible ; devenu âgé, il perdit la mémoire et se laissait souffler le texte. »