le ruiné ? » Ils répondirent : « Le ruiné, parmi nous, est celui qui ne possède ni dirham ni bien. » Il reprit : « Le véritable ruiné de ma communauté est celui qui, au Jour de la Résurrection, se présentera avec la prière, le jeûne et la zakât, mais aussi après avoir insulté untel, calomnié untel (1), dévoré les biens d’untel, versé le sang d’untel et frappé untel. On donnera alors à chacun d’eux une part de ses bonnes actions. Si ses bonnes actions s’épuisent avant qu’il n’ait acquitté tout ce qu’il doit, on prendra des fautes de ses victimes qu’on lui fera porter, puis on le jettera dans le Feu. » — Rapporté par Muslim.
224 – Umm Salama — que Dieu l’agrée — rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Je ne suis qu’un être humain ; or vous portez vos litiges devant moi. Il se peut que l’un d’entre vous soit plus habile dans sa plaidoirie que l’autre, si bien que je juge en sa faveur selon ce que j’entends. Celui à qui j’aurai ainsi octroyé, à tort, le droit de son frère, je ne lui aurai en réalité coupé qu’un morceau de Feu. » — Rapporté par al-Bukhârî et Muslim. — « al-laḥn » (أَلْحَنُ) signifie : plus éloquent, plus subtil dans l’argumentation.
225 – Ibn ʿUmar — que Dieu agrée le père et le fils — rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Le croyant demeure à l’aise dans sa religion tant qu’il n’a pas versé un sang illicite. » — Rapporté par al-Bukhârî.
226 – Khawla bint ʿĀmir al-Anṣâriyya, l’épouse de Hamza — que Dieu les agrée —, rapporte : « J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : “Des hommes s’immiscent sans droit dans les biens d’Allah (2) ; pour eux, ce sera le Feu au Jour de la Résurrection.” » — Rapporté par al-Bukhârî.
27 – Chapitre : Vénérer l’inviolabilité des musulmans, exposer leurs droits, et faire preuve envers eux de compassion et de miséricorde
Allah — Très-Haut — dit : « Quiconque exalte les interdits sacrés d’Allah, cela est meilleur pour lui auprès de son Seigneur. » (Coran 22 : 30)
(1) Calomnier quelqu’un en l’accusant d’adultère ou d’un acte infâme sans preuve.
(2) C’est-à-dire les biens publics confiés à l’autorité musulmane, tels que le butin ou le trésor d’État.
(3) Les « interdits sacrés » (ḥurumât) englobent tout ce qu’Allah a déclaré inviolable : vies, biens, dignités, rites, lieux sacrés, etc.