Riyad al-SalihinAn-Nawawi

j’évaluai donc la dette qui pesait sur lui et je la trouvai s’élever à deux millions deux cent mille !

Hakîm ibn Hizâm rencontra alors ‘Abd Allâh ibn az-Zubayr et lui dit :
« Ô fils de mon frère, à combien se chiffre la dette de mon frère ? »
Je la lui cachai et répondis : « Cent mille. »
Hakîm rétorqua : « Par Allah, je crains que vos biens n’y suffisent pas. »
Je repris : « Et si elle atteignait deux millions deux cent mille, qu’en penserais-tu ? »
Il dit : « Je ne vois pas comment vous pourriez vous en acquitter ; mais si vous êtes incapables d’en régler une partie, faites appel à moi. »

Or, az-Zubayr avait acheté la terre d’al-Ghaba pour cent soixante-dix mille. Je la vendis un million six cent mille, puis je me levai et proclamai :
« Que quiconque détient une créance sur az-Zubayr nous rejoigne à al-Ghaba. »

‘Abd Allâh ibn Ja‘far se présenta ; az-Zubayr lui devait quatre cents mille. Il me dit :
« Si vous le souhaitez, j’abandonne ma créance. »
Je répondis : « Non. » – « Alors, si vous préférez, reportez-la et placez-la parmi ce que vous différez. »
Je répondis encore : « Non. » – « Dans ce cas, accordez-moi une parcelle. »
Je lui indiquai : « Prends d’ici à là. »
Je vendis cette portion, réglai intégralement la dette de mon père et il en fut quitte. Il demeura toutefois quatre parts et demie du domaine.

Je me rendis ensuite auprès de Mu‘âwiya, en présence de ‘Amr ibn ‘Uthmân, d’al-Mundhir ibn az-Zubayr et d’Ibn Zam‘a. Mu‘âwiya me demanda :
« À combien al-Ghaba a-t-elle été estimée ? » – « Chaque part vaut cent mille. » – « Combien en reste-t-il ? » – « Quatre parts et demie. »
Al-Mundhir ibn az-Zubayr déclara : « J’en ai pris une part pour cent mille. »
‘Amr ibn ‘Uthmân dit : « J’en ai pris une part pour cent mille. »
Ibn Zam‘a ajouta : « J’en ai pris une part pour cent mille. »
Mu‘âwiya demanda : « Combien en reste-t-il ? » – « Une part et demie. »
Il conclut : « Je la prends pour cent cinquante mille. »

Par la suite, ‘Abd Allâh ibn Ja‘far vendit sa part à Mu‘âwiya pour six cent mille.

Lorsque Ibn az-Zubayr eut achevé de solder la dette, les enfants d’az-Zubayr lui dirent : « Partage entre nous notre héritage. » Il répondit :
« Par Allah, je ne partagerai rien avant d’avoir proclamé, pendant quatre années consécutives, à la saison du Pèlerinage : “Quiconque détient une dette sur az-Zubayr qu’il se présente, afin que nous la réglions.” »
Chaque année, il lança donc cet appel ; au terme de la quatrième, il répartit les biens et remit le tiers (légataire).

Az-Zubayr avait quatre épouses ; chacune reçut un million deux cent mille, si bien que l’ensemble de sa fortune totalisait cinquante millions deux cent mille.

(Rapporté par al-Bukhârî.)

فَحَسِبْتُ مَا كَانَ عَلَيْهِ مِنَ الدَّيْنِ فَوَجَدْتُهُ أَلْفَيْ أَلْفٍ وَمِائَتَيْ أَلْفٍ ! فَلَقِيَ حَكِيمُ بْنُ حِزَامٍ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ الزُّبَيْرِ فَقَالَ : يَا ابْنَ أَخِي كَمْ عَلَى أَخِي مِنَ الدَّيْنِ ؟ فَكَتَمْتُهُ وَقُلْتُ : مِائَةُ أَلْفٍ . فَقَالَ حَكِيمٌ : وَاللَّهِ مَا أَرَى أَمْوَالَكُمْ تَسَعُ هَذِهِ . فَقَالَ عَبْدُ اللَّهِ : أَرَأَيْتَكَ إِنْ كَانَتْ أَلْفَيْ أَلْفٍ وَمِائَتَيْ أَلْفٍ ؟ قَالَ : مَا أَرَاكُمُ تُطِيقُونَ هَذَا ، فَإِنْ عَجَزْتُمْ عَنْ شَيْءٍ مِنْهُ فَاسْتَعِينُوا بِي ، قَالَ : وَكَانَ الزُّبَيْرُ قَدِ اشْتَرَى الْغَابَةَ بِسَبْعِينَ وَمِائَةِ أَلْفٍ ، فَبَاعَهَا عَبْدُ اللَّهِ بِأَلْفِ أَلْفٍ وَسِتِّمَائَةِ أَلْفٍ ، ثُمَّ قَامَ فَقَالَ : مَنْ كَانَ لَهُ عَلَى الزُّبَيْرِ شَيْءٌ فَلْيُوَافِنَا بِالْغَابَةِ ، فَأَتَاهُ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ جَعْفَرٍ ، وَكَانَ لَهُ عَلَى الزُّبَيْرِ أَرْبَعُمَائَةِ أَلْفٍ ، فَقَالَ لِعَبْدِ اللَّهِ : إِنْ شِئْتُمْ تَرَكْتُهَا لَكُمْ ؟ قَالَ عَبْدُ اللَّهِ : لَا ، قَالَ : فَإِنْ شِئْتُمْ جَعَلْتُمُوهَا فِيمَا تُؤَخِّرُونَ إِنْ آخَرْتُمْ ، فَقَالَ عَبْدُ اللَّهِ : لَا ، قَالَ : فَاقْطَعُوا لِي قِطْعَةً ، قَالَ عَبْدُ اللَّهِ : لَكَ مِنْ هَهُنَا إِلَى هَهُنَا . فَبَاعَ عَبْدُ اللَّهِ مِنْهَا فَقَضَى عَنْهُ دَيْنَهُ وَأَوْفَاهُ ، وَبَقِيَ مِنْهَا أَرْبَعَةُ أَسْهُمٍ وَنِصْفٌ ، فَقَدِمَ عَلَى مُعَاوِيَةَ وَعِنْدَهُ عَمْرُو بْنُ عُثْمَانَ ، وَالْمُنْذِرُ بْنُ الزُّبَيْرِ ، وَابْنُ زَمْعَةَ فَقَالَ لَهُ مُعَاوِيَةُ : كَمْ قُوِّمَتِ الْغَابَةُ ؟ قَالَ : كُلُّ سَهْمٍ بِمِائَةِ أَلْفٍ ، قَالَ : كَمْ بَقِيَ مِنْهَا ؟ قَالَ : أَرْبَعَةُ أَسْهُمٍ وَنِصْفٌ ، فَقَالَ الْمُنْذِرُ بْنُ الزُّبَيْرِ : قَدْ أَخَذْتُ مِنْهَا سَهْمًا بِمِائَةِ أَلْفٍ ، قَالَ عَمْرُو بْنُ عُثْمَانَ : قَدْ أَخَذْتُ مِنْهَا سَهْمًا بِمِائَةِ أَلْفٍ . وَقَالَ ابْنُ زَمْعَةَ : قَدْ أَخَذْتُ سَهْمًا بِمِائَةِ أَلْفٍ ، فَقَالَ مُعَاوِيَةُ : كَمْ بَقِيَ مِنْهَا ؟ قَالَ : سَهْمٌ وَنِصْفُ سَهْمٍ ، قَالَ : قَدْ أَخَذْتُهُ بِخَمْسِينَ وَمِائَةِ أَلْفٍ . قَالَ : وَبَاعَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ جَعْفَرٍ نَصِيبَهُ مِنْ مُعَاوِيَةَ بِسِتِّمَائَةِ أَلْفٍ ، فَلَمَّا فَرَغَ ابْنُ الزُّبَيْرِ مِنْ قَضَاءِ دَيْنِهِ ، قَالَ بَنُو الزُّبَيْرِ : اقْسِمْ بَيْنَنَا مِيرَاثَنَا ، قَالَ : وَاللَّهِ لَا أَقْسِمُ بَيْنَكُمْ حَتَّى أُنَادِيَ بِالْمَوْسِمِ أَرْبَعَ سِنِينَ : أَلَا مَنْ كَانَ لَهُ عَلَى الزُّبَيْرِ دَيْنٌ فَلْيَأْتِنَا فَلْنَقْضِهِ . فَجَعَلَ كُلَّ سَنَةٍ يُنَادِي فِي الْمَوْسِمِ ، فَلَمَّا مَضَى أَرْبَعُ سِنِينَ قَسَمَ بَيْنَهُمْ وَدَفَعَ الثُّلُثَ . وَكَانَ لِلزُّبَيْرِ أَرْبَعُ نِسْوَةٍ ، فَأَصَابَ كُلَّ امْرَأَةٍ أَلْفُ أَلْفٍ وَمِائَتَا أَلْفٍ ، فَجَمِيعُ مَالِهِ خَمْسُونَ أَلْفَ أَلْفٍ وَمِائَتَا أَلْفٍ . رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ .

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