Au sujet de l’expression « warāʾa, warāʾa », les deux mots se lisent avec la voyelle fatha. Certains la prononcent aussi avec ḍamma, sans tanwîn. Le sens en est : « je ne suis pas à ce rang éminent » ; c’est une formule employée par modestie. J’en ai traité en détail dans mon Commentaire du Ṣaḥîḥ de Muslim – et Allah sait mieux.
207 – D’après Abû Khubayb – le khâ pointé se prononce avec damma – ‘Abd Allâh ibn az-Zubayr, qu’Allah l’agrée ainsi que son père :
Lorsque az-Zubayr se tint prêt le jour de la bataille du Chameau (1), il m’appela ; je me plaçai à ses côtés et il dit : « Mon fils, nul ne sera tué aujourd’hui si ce n’est un injuste ou un lésé (2). Pour ma part, je ne me vois que compté parmi les lésés. Ce qui m’angoisse le plus, c’est ma dette ; penses-tu que notre dette laissera subsister quelque chose de nos biens ? »
Puis il ajouta : « Mon fils, vends nos propriétés et acquitte ma dette. » Il légua le tiers de son patrimoine, et le tiers de ce tiers à ses fils – c’est-à-dire aux fils de ‘Abd Allâh ibn az-Zubayr : un tiers du tiers. Il dit encore : « S’il reste quelque chose de nos biens après le règlement de la dette, qu’un tiers en revienne à tes enfants. »
Hishâm rapporte : « Certains enfants de ‘Abd Allâh étaient de la même génération que quelques-uns des enfants d’az-Zubayr, Khubayb et ‘Abbâd. Ce dernier avait alors neuf fils et neuf filles. »
‘Abd Allâh poursuit : « Il ne cessait de me recommander de m’acquitter de sa dette et disait : “Mon fils, si jamais tu te trouves dans l’incapacité d’en payer une partie, sollicite à cet effet mon Mawlâ.” Par Allah, je ne compris pas ce qu’il voulait dire jusqu’à ce que je lui demande : “Père, qui est ton Mawlâ ?” Il répondit : “Allah.”
Par Allah, chaque fois que je me trouvais en difficulté pour honorer une part de sa dette, je disais : “Ô Mawlâ d’az-Zubayr, acquitte sa dette”, et Il la réglait. »
‘Abd Allâh ajoute : « Az-Zubayr fut tué sans laisser ni dinâr ni dirham, sinon des terres – parmi elles al-Ghaba (3) – ainsi que onze maisons à Médine, deux maisons à Basra, une maison à Kûfa et une autre en Égypte.
Sachez que la dette qu’il portait provenait uniquement du fait qu’un homme lui apportait de l’argent pour le lui confier en dépôt, mais az-Zubayr répondait : “Non, considère-le plutôt comme un prêt (salaf) ; je crains qu’il ne se perde (4).”
Jamais il n’assuma de fonction d’émir, de percepteur ni aucune responsabilité similaire, hormis lorsqu’il participait à une expédition avec le Messager d’Allah ﷺ ou avec Abû Bakr, ‘Umar et ‘Uthmân – qu’Allah les agrée. »
‘Abd Allâh dit :