206 – Dix-huitième hadith. D’après Hudhayfa et Abû Hurayra – qu’Allah les agrée –, le Messager d’Allah ﷺ a dit :
« Allah – Béni et Très-Haut – rassemblera les gens (1). Les croyants se lèveront alors, et le Paradis leur sera rapproché (2). Ils viendront trouver Adam – sur lui la paix – et diront : “Ô notre père ! Intercède pour que les portes du Paradis nous soient ouvertes.” Il leur répondra : “Qu’est-ce qui vous a fait sortir du Paradis, sinon la faute de votre père ? Je ne suis pas chargé de cela. Allez plutôt vers mon fils Abraham, l’ami intime d’Allah.”
Ils se rendront auprès d’Abraham qui dira : “Je ne suis pas chargé de cela (3) ; je n’ai été qu’un ami intime, loin, loin derrière. Adressez-vous plutôt à Moïse, celui à qui Allah a parlé directement.” Ils iront donc voir Moïse, lequel leur dira : “Je ne suis pas habilité à cela. Tournez-vous vers Jésus, la Parole d’Allah et Son Esprit (4).”
Jésus dira à son tour : “Je ne suis pas chargé de cela.” Ils viendront alors trouver Muhammad ﷺ ; il se lèvera et il lui sera donné la permission d’intercéder. L’amâna (5) – le sens du dépôt confié – et la raḥim (les liens de parenté) seront alors envoyées ; elles se tiendront de part et d’autre (6) du ṣirāṭ, à droite et à gauche. Le premier d’entre vous le franchira aussi vite qu’un éclaire. »
Je demandai : « Que signifie, que mon père et ma mère te soient sacrifiés, “aussi vite qu’un éclair” ? » Il répondit : « N’avez-vous pas vu comment l’éclair jaillit et disparaît en un clin d’œil ? (Puis d’autres passeront) comme le vent, puis comme l’oiseau, et les hommes les plus vigoureux seront propulsés par leurs œuvres. Votre Prophète se tiendra debout sur le ṣirāṭ en disant : “Seigneur, préserve ! préserve !” jusqu’à ce que les œuvres des serviteurs s’épuisent, au point qu’un homme ne puisse avancer qu’en rampant.
Aux deux bords du ṣirāṭ (7) se trouveront des crochets suspendus, chargés de saisir ceux qu’il leur sera ordonné de saisir : l’un sera griffé mais sauvé, l’autre sera précipité, ligoté, dans le Feu (8). Par Celui qui tient l’âme d’Abû Hurayra dans Sa main ! Le fond de la Géhenne est distant de soixante-dix automnes (9). »
Rapporté par Muslim.