et que les auteurs postérieurs – tel l’auteur du « Tâj al-jâmiʿ li-l-uṣûl » – ont encore accentué cette pratique. Sois-en donc averti.
2 – Quant au fait qu’at-Tirmidhî qualifie un hadith de « bon » (ḥasan) ou d’« authentique » (ṣaḥîḥ), il fait preuve d’une large indulgence. As-Suyûtî rapporte en effet dans « At-Tadrîb » (1) :
« Adh-Dhahabî a dit : “Le Ǧâmiʿ d’at-Tirmidhî est d’un rang inférieur aux Sunan d’Abû Dâwûd et d’An-Nasâ’î, parce qu’il y a inséré le ḥadith rapporté par al-Maṣlûb, al-Kalbî et leurs semblables.” »
Autrement dit, ces narrateurs sont accusés de mensonge. Parmi eux figure Kathîr b. ʿAbd Allâh b. ʿAmr b. ʿAwf al-Muzanî, au sujet duquel Aš-Šâfiʿî et Abû Dâwûd ont dit : « un pilier parmi les piliers du mensonge ». Pourtant, at-Tirmidhî a non seulement retenu ses récits, mais il les a même déclarés authentiques. Adh-Dhahabî écrit, dans sa notice sur lui dans « Al-Mîzân » :
« Quant à at-Tirmidhî, il a rapporté son hadith : “La conciliation est permise entre les musulmans”, et l’a tenu pour authentique ; c’est pourquoi les savants ne se fient pas à l’authentification d’at-Tirmidhî. »
Aussi tout chercheur sérieux se doit-il d’examiner ce qu’Abû Dâwûd a passé sous silence et ce qu’at-Tirmidhî a authentifié ou déclaré bon, car leurs ouvrages renferment l’un et l’autre un grand nombre de récits faibles. C’est la méthode que j’ai suivie dans la vérification, l’édition critique et l’annotation du présent livre ; c’est, à mes yeux, l’essentiel. J’ai pu traiter, à l’endroit même où ils se trouvent dans l’ouvrage, la majeure partie des hadiths de façon concise, et seuls quelques-uns m’ont échappé pour des raisons matérielles (2). J’ai donc jugé utile de les reprendre ici, afin de parfaire le bénéfice de ce travail, et je dis :
1 – À propos du hadith n° 201 (qui met en garde contre la fréquentation des gens d’infraction) : « Abû Dâwûd et at-Tirmidhî l’ont rapporté ; at-Tirmidhî a déclaré : “Hadith ḥasan (bon).” »