Atteindre le bonheur 98
38 – Chapitre : De l’obligation de juger d’après l’apparence
et de remettre les secrets des cœurs à Allah, le Très-Haut
203 – Selon Abû Saʿîd al-Khudrî (qu’Allah l’agrée), «ʿAlî ibn Abî Tâlib (qu’Allah l’agrée) envoya du Yémen au Messager d’Allah ﷺ un lingot d’or enveloppé dans une pièce de cuir tanné(1) dont on n’avait pas encore ôté la poussière. Le Prophète le répartit entre quatre hommes : ʿUyayna ibn Badr, al-Aqraʿ ibn Hâbis, Zayd al-Khayl et al-Zâbiʿ – soit ʿAlqama, soit ʿÂmir ibn al-Tufayl.
Un des Compagnons s’écria : « Nous étions plus dignes de cela que ces gens-là ! » La remarque parvint au Prophète ﷺ, qui dit : « Ne me faites-vous donc pas confiance, alors que je suis le dépositaire de Celui qui est au ciel ? Il me parvient, matin et soir, la révélation venue du ciel. »
Alors se leva un homme aux yeux enfoncés, aux tempes saillantes, au front proéminent, à la barbe fournie, rasé du crâne, le vêtement relevé. Il lança : « Ô Messager d’Allah, crains Allah ! » Le Prophète répondit : « Malheur à toi ! Qui, parmi les habitants de la terre, est plus digne que moi d’avoir de la piété envers Allah ? » Puis l’homme tourna les talons.
Khâlid ibn al-Walîd demanda : « Ô Messager d’Allah, permets-moi de lui trancher la tête. » – « Non, répliqua-t-il, peut-être accomplit-il la prière. » Khâlid insista : « Combien de prieurs prononcent de la langue ce que leur cœur ne contient pas ! » Le Messager d’Allah ﷺ dit alors : « Je n’ai pas reçu l’ordre de sonder le cœur des gens ni de leur fendre le ventre. » Puis, tandis qu’il le regardait s’éloigner, il ajouta : « De la descendance(2) de cet homme surgiront des gens qui réciteront… »