Parmi les preuves de l’unicité du culte 407
…et le bateau chavira ; ils se noyèrent. Le garçon revint alors à pied vers le roi. Celui-ci lui demanda :
— Qu’est-il advenu de tes compagnons ?
— Allah m’en a dispensé, répondit-il.
Puis il dit au roi :
— Tu ne pourras pas me tuer tant que tu n’auras pas fait ce que je vais t’ordonner.
— Et qu’est-ce donc ?
— Rassemble la population sur une même esplanade, attache-moi à un tronc d’arbre, prends ensuite une flèche de mon carquois, place-la au centre de l’arc, puis dis : « Au nom d’Allah, Seigneur du garçon », et décoche-la contre moi. Si tu fais cela, tu me tueras.
Le roi réunit donc les gens sur une vaste esplanade, l’attacha à un tronc, prit une flèche de son carquois, la plaça au milieu de l’arc et prononça : « Au nom d’Allah, Seigneur du garçon ». Il lui lança la flèche ; celle-ci se ficha dans sa tempe. Le garçon porta la main sur l’endroit atteint et rendit l’âme.
Alors la foule s’écria : « Nous croyons au Seigneur du garçon ! Nous croyons au Seigneur du garçon ! Nous croyons au Seigneur du garçon ! » Le roi, furieux, refusa de s’y résoudre. On lui dit : « Vois-tu ce que tu redoutais ? Par Allah, ce que tu craignais est arrivé : les gens ont cru. »
Il ordonna de creuser des tranchées aux carrefours, d’y allumer des brasiers et dit : « Que quiconque ne renonce pas à sa foi soit précipité dans ces feux, ou qu’on le contraigne à s’y jeter. » On exécuta l’ordre, jusqu’à ce qu’une femme se présente portant son nourrisson. Elle hésita à se jeter dans la tranchée, alors le petit enfant lui dit : « Ô ma mère, endure ! Car tu es dans la vérité. »
Rapporté par Muslim (1).