apportant quantité de présents. Il déclara : « Je te donnerai tout cela, pour peu que tu me rendes la vue. » Le garçon répondit : « Je ne guéris personne ; c’est Allah seul qui guérit. Si donc tu crois en Allah, j’invoquerai Allah et Il te rendra la santé. » L’homme crut en Allah, et Allah le guérit.
Il alla ensuite trouver le roi et s’assit auprès de lui comme à l’accoutumée. Le roi lui demanda : « Qui t’a rendu la vue ? » — « Mon Seigneur », répondit-il. « Aurais-tu donc un seigneur autre que moi ? » s’exclama le roi. Il répliqua : « Mon Seigneur et le tien, c’est Allah. » Le roi le fit alors saisir et ne cessa de le torturer jusqu’à ce qu’il dénonçât le garçon, qu’on fit aussitôt comparaître.
Le roi lui dit : « Mon enfant, ton art magique est allé jusqu’à guérir l’aveugle-né et le lépreux ; tu accomplis bien des prodiges ! » Le garçon répondit : « Je ne guéris personne ; c’est Allah seul qui guérit. » Le roi ordonna qu’on le tourmente et persista à le torturer jusqu’à ce qu’il dénonçât le moine. On amena celui-ci et on lui dit : « Renonce à ta foi. » Il refusa. Alors on apporta une scie, on la posa sur le sommet de sa tête et on le scia en deux, si bien que ses deux moitiés se séparèrent.
Puis on fit venir le proche du roi et on lui dit : « Renonce à ta foi. » Il refusa. On plaça la scie sur le sommet de sa tête et on le scia en deux jusqu’à ce que ses moitiés tombent. On amena ensuite le garçon et on lui dit : « Renonce à ta foi. » Il refusa.
Le roi le remit à un groupe de ses hommes et ordonna : « Emmenez-le sur telle montagne ; grimpez jusqu’à son sommet. S’il se rétracte, laissez-le vivre ; sinon, précipitez-le. » Ils l’emmenèrent donc et, une fois parvenus au sommet, le garçon dit : « Ô Allah, protège-moi d’eux comme Il Te plaira. » La montagne trembla, ils chutèrent tous, et le garçon revint à pied vers le roi.
Le roi lui demanda : « Qu’est-il advenu de tes compagnons ? » — « Allah m’en a dispensé », répondit-il. Le roi le confia alors à d’autres hommes et ordonna : « Embarquez-le sur un qurqūr (barque) et, lorsque vous serez au large, s’il se rétracte, épargnez-le ; sinon, jetez-le à la mer. » Ils l’emmenèrent. Le garçon dit : « Ô Allah, protège-moi d’eux comme Il Te plaira. » Le bateau se renversa avec eux