qui, comme les deux autres, se reproduisit. Les troupeaux prirent alors une ampleur telle que le premier possédait une vallée entière de chameaux, le deuxième une vallée entière de bovins et le troisième une vallée entière de moutons.
Puis l’ange se rendit auprès du lépreux, en prenant l’apparence et l’accoutrement qu’il avait autrefois, et lui dit : « Je suis un homme démuni ; tous mes moyens se sont rompus durant mon voyage. Aujourd’hui, nul ne peut me permettre d’atteindre mon but si ce n’est Allah, puis toi. Je t’adjure, par Celui qui t’a accordé ce teint éclatant, cette peau saine et ces biens, de me donner un chameau grâce auquel je pourrai poursuivre ma route. »
Il répondit : « Les demandes sont nombreuses. » L’ange reprit : « Il me semble pourtant te reconnaître : n’étais-tu pas autrefois lépreux, méprisé des gens, pauvre, puis Allah t’a comblé ? » Il rétorqua : « J’ai hérité ces richesses de grands ancêtres, de génération en génération. » L’ange conclut : « Si tu mens, qu’Allah te ramène à l’état où tu étais. »
Il alla ensuite trouver le chauve, sous l’apparence qu’il avait auparavant, lui tint le même discours et reçut la même réponse. Il lui dit donc : « Si tu mens, qu’Allah te ramène à l’état où tu étais. »
Enfin, il se présenta à l’aveugle dans l’apparence qu’il avait jadis et lui dit : « Je suis un homme pauvre et voyageur ; tous mes moyens se sont rompus sur la route. Aujourd’hui, nul ne peut me secourir si ce n’est Allah, puis toi. Je t’adjure, par Celui qui t’a rendu la vue, de m’offrir une brebis afin que je puisse continuer mon voyage. »
L’aveugle répondit : « J’étais aveugle et Allah m’a rendu la vue ; j’étais pauvre et Il m’a enrichi. Prends donc ce que tu veux ; par Allah, je ne te refuserai rien de ce que tu prendras pour Allah. » L’ange lui dit alors : « Garde tes biens ; vous n’avez été qu’éprouvés. Allah est satisfait de toi et courroucé contre tes deux compagnons. » Rapporté à l’unanimité. (1)