Bilûgh as-Saʿâdah, p. 345
et également Abû Dâwûd ⦗1⦘.
802 – ʿÂʾisha (radiy Allâhu ʿanhâ) rapporte : « Le Prophète ﷺ fut ensorcelé au point qu’il s’imaginait avoir accompli une action alors qu’il ne l’avait pas faite. Un jour qu’il se trouvait chez moi, il invoqua Allah, à maintes reprises, puis dit : “As-tu appris, ʿÂʾisha, qu’Allah vient de m’exaucer au sujet de ce pour quoi je Le consultais ?” – “Qu’en est-il donc, ô Messager d’Allah ?” demandai-je. Il répondit : “Deux hommes sont venus à moi ; l’un s’assit près de ma tête et l’autre à mes pieds. Le premier dit à son compagnon : ‘Quel est l’état de cet homme ?’ – ‘Il est victime d’un sort’, répondit l’autre. – ‘Et qui l’a ensorcelé ?’ – ‘Labîd ibn al-Aʿṣam, le Juif, du clan des Banû Zurayq.’ – ‘Dans quoi ?’ – ‘Dans un peigne, des résidus de cheveux et l’enveloppe d’une inflorescence mâle de dattier.’ – ‘Où cela se trouve-t-il ?’ – ‘Dans le puits de Dharwân.’”
Le Prophète ﷺ s’y rendit donc avec quelques Compagnons, examina le puits entouré de palmiers puis revint auprès de ʿÂʾisha et déclara : “Par Allah ! L’eau de ce puits était comme une décoction de henné et ses palmiers ressemblaient aux têtes des démons.” Je dis : “Ô Messager d’Allah, n’as-tu pas retiré ces objets ?” Il répondit : “Non. Pour ma part, Allah m’a déjà guéri et épargné tout mal, mais j’ai craint d’en faire aller aux gens quelque chose de nuisible.” Il ordonna alors qu’on le comble et il fut enfoui. Hadith unanimement reconnu ⦗2⦘.
Ibn Ḥajar commente : Dans la version d’al-Humaydî, on lit : « Je dis : Ô Messager d’Allah, pourquoi ne… » ; Sufyân explique que cela signifie : « ne t’es-tu pas fait lever le sort (nushrah) ? » ⦗3⦘.