les tombes pour des mosquées ; or prétendre que cette pratique ferait partie des législations antérieures est irrecevable. Comment, en effet, pourrait-on soutenir que l’édification de mosquées sur les tombes relève des prescriptions des communautés précédentes, alors que tu viens d’entendre que le Prophète ﷺ a maudit les juifs et les chrétiens pour avoir transformé les sépultures de leurs prophètes en lieux de prière ? Le verset en question n’est pas comparable aux passages que nous avons cités plus haut et sur lesquels les imams ont fondé leurs arguments ; il ne fait que rapporter la parole d’un groupe de gens et leur résolution d’agir ainsi. Le texte ne se présente nullement sous la forme d’un éloge ni d’une exhortation à les imiter ; et tant qu’il n’est pas établi qu’il se trouvait parmi eux un être infaillible, leur action — a fortiori leur seule intention — ne saurait démontrer la légitimité de ce qu’ils projetaient.
Le peu de crédit que l’on peut accorder à leur comportement se trouve encore renforcé par l’avis selon lequel les personnes visées étaient des gouvernants et des souverains, comme on le rapporte de Qatâda.
Dans cette optique, on pourrait dire que le premier groupe était composé de croyants, conscients de la non-légitimité de l’édification de mosquées sur les tombes ; ils suggérèrent donc de construire un bâtiment à l’entrée de la caverne, d’en murer l’accès et d’empêcher qu’on ne trouble ses occupants. Les gouvernants ne retinrent pas leur avis, et cela les irrita au point que