Taḥdhīr al-SājidNasir al-Din al-Albani

pour te souvenir de Moi. » (1) Ce verset, adressé à Moïse — que la paix soit sur lui —, est ici cité à titre de preuve. Abû Yûsuf s’est en effet appuyé sur la parole : « Et Nous leur avons prescrit… » pour affirmer que la loi du talion s’applique aussi bien à l’homme qu’à la femme ; al-Karkhî, pour sa part, a déduit de ce même passage — révélé au sujet des enfants d’Israël — qu’elle concerne également l’homme libre et l’esclave, de même que le musulman et le dhimmî (2). D’autres savants encore ont procédé de la sorte.

Nous disons, pour notre part, que les législations antérieures nous engagent certes et deviennent partie intégrante de notre propre Loi, mais non de manière inconditionnelle : elles ne nous sont obligatoires que lorsque Allah, exalté soit-Il, nous en fait le récit sans exprimer de blâme, car la désapprobation du Messager ﷺ équivaut à celle du Très-Haut (3).

Or tu as entendu que le Prophète ﷺ a maudit ceux qui prennent

(1) Sourate Ta-Ha, verset 14. (2) J’indique que l’application du qiṣâṣ (peine du talion) entre un musulman et un dhimmî (non-musulman protégé) n’est pas permise, conformément au ḥadith : « Un musulman n’est pas mis à mort pour un kāfir. » Rapporté par al-Bukhârî et d’autres (voir Al-Aḥâdîth ad-ḍaʿîfa, 1/671). Se fonder sur le verset invoqué dans cette question revient donc à se fonder, dans notre sujet, sur le verset de la sourate Al-Kahf ; l’argument est tout aussi irrecevable ! (3) Car le Prophète a dit : « … ce que le Messager d’Allah a interdit a la même valeur que ce qu’Allah a interdit. » Ce ḥadith est authentique, n’en déplaise à l’auteur d’« Al-Aḍwâ’ » ! Voir Mishkât al-maṣâbîḥ, numéro 163 (classement et annotation de l’auteur).
لِذِكْرِي (١) ، وهو مقول لموسى عليه السلام ، وسياقه الاستدلال ، واحتج أبو يوسف على جري القود بين الذكر والأنثى بآية وكتبنا عليهم ﴾ ، والكرخي على جريه بين الحر والعبد والمسلم والذمي (٢) بتلك الآية الواردة في بني إسرائيل إلى غير ذلك لأنا نقول مذهبنا في شرع من قبلنا وإن كان أنه يلزمنا على أنه شريعتنا ، لكن لا مطلقا ، بل إن قص الله تعالى علينا بلا إنكار ، وإنكار رسوله ﷺ كإنكاره عز وجل (٣) . وقد سمعت أنه عليه الصلاة والسلام لعن الذين يتخذون
(١) سورة طه ، الآية ١٤ . (٢) قلت : إجراء القود بين المسلم والذمي ليس جائزاً ، لقوله ﷺ : "لا يقتل مسلم بكافر" . رواه البخاري وغيره (انظر الأحاديث الضعيفة ١ / ٦٧١) . فالاحتجاج بالآية المشار إليها في المسألة كالاحتجاج بآية الكهف فيما نحن فيه ! (٣) لقوله ﷺ : "... فإن ما حرم رسول الله مثل ما حرم الله"، وهو حديث صحيح ، وإن رغم أنف صاحب "الأضواء" ! انظر "المشكاة" بتخريجي (١٦٣) .

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