Dieu le sait mieux, et il semble que ceux qui ont tenu ces propos étaient les détenteurs de l’autorité et du pouvoir. Doit-on cependant les en louer ou non ? La question reste posée, car le Prophète ﷺ a dit : « Qu’Allah maudisse les juifs et les chrétiens : ils ont pris les tombes de leurs prophètes comme lieux de prière », les avertissant ainsi contre ce qu’ils avaient fait. Nous rapportons encore qu’ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb, lorsqu’il trouva la tombe de Daniel en Irak à son époque, ordonna qu’on la dissimule aux gens et qu’on enterre le feuillet découvert auprès de lui, où se trouvaient quelques récits eschatologiques, entre autres.
Ayant compris cela, il n’est donc possible d’invoquer ce verset sous aucun aspect. L’érudit scrupuleux al-Âlûsî affirme dans son « Rûḥ al-Maʿânî » (5/31) :
« On s’est appuyé sur ce verset pour autoriser l’édification de bâtiments sur les tombes des savants, l’érection d’une mosquée dessus et la prière en ces lieux ! Parmi ceux qui ont soutenu cette opinion figure Chihâb al-Khafâjî dans ses marginalia au Bayḍâwî. Or cette opinion est nulle, dépourvue de toute valeur, corrompue et périmée, car il est rapporté… »
Il cite ensuite certains des hadiths déjà mentionnés et y ajoute les paroles d’al-Haytamî.