par les auteurs postérieurs ; sinon, l’interprète qui se fie à ces acceptions s’expose à l’erreur et, sans s’en apercevoir, prête à Allah et à Son Messager des paroles qu’ils n’ont jamais tenues. J’en ai déjà donné un exemple avec le terme « karâha » (réprobation).
Voici maintenant un autre cas : le mot « sunna ». Dans la langue arabe, il signifie « voie, méthode », et englobe tout ce que le Prophète ﷺ a instauré comme guidance et lumière, qu’il s’agisse d’obligations ou de pratiques surérogatoires. Dans l’usage technique, en revanche, il ne désigne que ce qui, dans sa guidance ﷺ, n’est pas obligatoire. Il n’est donc pas permis d’expliquer, selon cette acception technique, le terme « sunna » lorsqu’il apparaît dans certains nobles hadiths, tels que cette parole ﷺ : « … attachez-vous à ma sunna … » ou encore : « … quiconque se détourne de ma sunna n’est pas des miens. »
La même confusion se retrouve dans ce hadith que quelques shaykhs contemporains citent pour inciter à s’attacher à la sunna entendue au sens technique : « Celui qui délaisse ma sunna ne recevra pas mon intercession. » Ils se trompent alors à deux reprises.
Premièrement : ils l’attribuent au Prophète ﷺ, alors qu’à notre connaissance aucun fondement authentique ne l’étaye.