Dans le Ṣaḥīḥ il est rapporté : « Allah, le Puissant et Majestueux, a réprouvé pour vous le qīla wa qāla — les commérages —, l’abus de questions et le gaspillage des biens. » Les premiers savants employaient donc le terme karāha (réprobation) dans le sens même qu’il revêt dans le discours d’Allah et de Son Messager. Les auteurs postérieurs, en revanche, ont fini par réserver, d’un commun accord, le mot karāha à ce qui n’est pas formellement illicite, mais dont l’abandon demeure préférable à la pratique. Certains ont alors interprété les paroles des imâms selon cette acception récente et se sont trompés ; plus grave encore est l’erreur de celui qui applique le terme karāha, ou l’expression « il ne convient pas », dans le Coran ou la sunna, selon ce sens technique surgi plus tard !
À cette occasion, nous disons :
Il incombe aux gens de science de se montrer attentifs aux significations modernes qui se sont greffées sur des vocables arabes dotés, chez les Arabes, de sens particuliers étrangers à ces acceptions récentes. En effet, le Coran a été révélé dans la langue des Arabes ; ses mots et ses tournures doivent donc être compris dans les limites de ce que saisissaient les Arabes à qui il fut révélé, et il n’est pas permis de l’expliquer à la lumière de ces notions techniques apparues ultérieurement et consacrées par l’usage.