l’imam Ash-Shâfiʿî, profondément imprégné du style coranique, si bien que, chaque fois que l’on rencontre sous sa plume un terme doté dans le Coran d’un sens particulier, il faut l’y rapporter et non au sens technique adopté plus tard par les juristes. Or, le Très-Haut dit : « Il vous a fait détester la mécréance, la perversité et la désobéissance » (1) – trois choses formellement interdites. Tel est donc, – et Allah sait mieux – le sens qu’Ash-Shâfiʿî entendait par son mot « je réprouve ». Cette lecture est confirmée par la suite immédiate de sa phrase : « Si toutefois quelqu’un y prie, sa prière est valable, mais il a mal agi. » L’expression « il a mal agi » signifie qu’il a commis une mauvaise action, c’est-à-dire un acte illicite, car tel est également l’usage coranique du mot « mauvaise action ». Dans la sourate Al-Isrâ’, après avoir proscrit le meurtre des enfants, la fornication, l’homicide et d’autres forfaits, Allah dit : « Tout cela, sa mauvaise action, est détesté auprès de ton Seigneur » (2) – autrement dit, interdit.
Cela vient confirmer que c’est bien ce sens d’interdiction que vise la notion de « réprobation » dans la parole de