Prépondérance de l’interprétation qui englobe toutes les significations du ḥadith, et position d’al-Shâfiʿî à cet égard
En définitive, le verbe « adopter » mentionné dans les ḥadiths précédents embrasse les trois significations à la fois ; il s’agit là d’un de ces énoncés concis qui caractérisent la parole du Prophète ﷺ. Tel est aussi l’avis de l’imâm al-Shâfiʿî, qu’Allah lui fasse miséricorde. Dans son ouvrage « Al-Umm » (1/246), il écrit :
« Je désapprouve qu’on érige une mosquée sur une tombe, qu’on l’égalise, qu’on y accomplisse la prière alors qu’elle n’est pas aplanie (autrement dit, qu’elle reste saillante et reconnaissable), ou qu’on prie en sa direction. Si toutefois quelqu’un priait dans cette direction, sa prière serait valide, mais il aurait mal agi. Mâlik nous a transmis que le Messager d’Allah ﷺ a dit : “Qu’Allah combatte les Juifs et les Chrétiens ; ils ont transformé les tombes de leurs prophètes en mosquées.” J’exècre donc cette pratique, à la lumière de la sunna et des traditions rapportées, parce que — Allah sait mieux — le Prophète détestait que l’on magnifie l’un des musulmans au point de faire de sa tombe une mosquée, de peur que ne surviennent épreuve et égarement pour ceux qui viendraient ensuite. »
Il se fonde ainsi sur le ḥadith pour les trois sens qu’il a exposés dans son argumentation ; voilà une preuve manifeste qu’il comprend le ḥadith de façon