lorsque le Législateur proscrit la vente du vin, l’interdiction d’en boire se trouve déjà comprise dans cette proscription — cela va de soi — et s’impose à plus forte raison.
Il est d’ailleurs tout à fait clair que la défense de bâtir des mosquées sur des tombes n’est pas une fin en soi, pas plus que l’ordre de construire des mosquées dans les demeures ou les quartiers n’a de valeur autonome ; tout cela vise exclusivement la prière qu’on y accomplit, qu’il s’agisse d’en empêcher l’exercice ou, au contraire, de l’encourager. L’exemple suivant le mettra en évidence : si un homme érigeait une mosquée dans un lieu désert et inhabité, où personne ne vient prier, il ne retirerait aucun mérite de cet édifice ; à mes yeux, il serait même pécheur, pour avoir gaspillé son argent et placé la chose hors de propos.
Ainsi, lorsque le Législateur commande l’édification des mosquées, il ordonne implicitement d’y accomplir la prière, car c’est précisément pour cet objectif qu’elles sont construites ; et, de la même manière, lorsqu’il interdit de bâtir une mosquée sur une tombe, il proscrit par là même d’y prier, puisque la prière demeure la finalité recherchée. Voilà qui est manifeste et ne saurait échapper à quiconque raisonne, si Allah le veut.