Quant à la troisième interprétation, elle est celle qu’a retenue l’imâm al-Bukhârî : il a, en effet, intitulé le premier hadith : « Chapitre : de ce qu’il est répréhensible d’ériger des mosquées sur les tombes ».
Par ce titre, il donne à entendre que l’interdiction de prendre une tombe pour lieu de prière implique ipso facto celle de construire une mosquée au-dessus d’elle. Cela est manifeste. Al-Manâwî l’a d’ailleurs exprimé sans détour, comme nous l’avons signalé plus haut. Le ḥâfiẓ Ibn Ḥajar, commentant le hadith, rapporte à ce sujet :
« Al-Kirmânî a dit : le sens du hadith est de proscrire le fait de transformer une tombe en mosquée, tandis que l’intitulé du chapitre traite de l’édification d’une mosquée sur la tombe ; leurs formules diffèrent certes, mais on répond qu’elles sont indissociables, même si leurs expressions paraissent diverger. »
C’est précisément ce sens qu’a rappelé notre mère ʿÂ’isha – qu’Allah l’agrée – lorsqu’elle conclut le premier hadith par ces mots : « N’eût été cette appréhension, on aurait laissé sa tombe apparente ; seulement, on redoutait qu’elle ne fût prise pour une mosquée. »