« Qu’on ne prie rien dans une mosquée érigée au milieu des tombes, si ce n’est la prière funéraire. » Voilà un texte explicite qui corrobore notre propos.
Le propos rapporté plus haut d’Anas vient à son tour appuyer la position d’Ahmad : « Il détestait qu’on construise une mosquée parmi les tombes. » Cette formulation indique clairement que le simple mur de la mosquée ne suffit pas à la séparer du tombeau ; elle semble même exclure toute permission de bâtir une mosquée entre les sépultures, ce qui est l’opinion la plus plausible car elle coupe court aux causes menant au polythéisme.
Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya écrit dans Al-Iqtiḍâʾ : « Le bâtiment édifié sur la tombe d’Ibrâhîm – sur lui la paix – resta longtemps muré ; on n’y pénétra pas avant le début du quatrième siècle de l’Hégire. On raconte qu’une femme liée aux califes en eut la vision en rêve, et l’on y perça alors une ouverture ; d’autres disent que ce sont les chrétiens, quand ils prirent la région, qui la percèrent. Après les reconquêtes ultérieures, on la laissa comme une mosquée, mais les notables parmi nos maîtres se gardaient d’y prier dans l’ensemble de cette construction, »