que les meilleures tombes sont celles que le temps a effacées (1), et que la plus noble des évocations s’exprime dans les œuvres les plus nobles ; voilà pourquoi les sépultures des plus grands Compagnons et de l’élite des combattants ont disparu aux yeux des générations venues après eux, sauf de très rares exceptions.
Par la suite, les transmetteurs des récits divergèrent quant à l’emplacement exact de ces tombes ; les versions se sont contredites et les conjectures des narrateurs se sont entre-heurtées.
Si, aux premiers temps de l’islam, il avait existé la moindre trace d’une vénération des tombes ou d’une volonté de conserver l’emplacement des défunts en y élevant coupoles et mosquées, rien de ces divergences ne serait advenu ; les sépultures de ces nobles Compagnons ne nous seraient pas restées inconnues jusqu’à ce jour, alors même que n’ont jamais disparu celles des imposteurs et des pseudo-cheikhs, créées par les innovateurs qui vinrent après les premières générations et s’écartèrent de la pratique des Compagnons et des Successeurs. Au point que la plupart de ces coupoles rappellent désormais les sanctuaires des anciens païens : elles ressuscitent le paganisme sous ses formes les plus hideuses, les plus éloignées de la vérité et les plus proches du polythéisme. Si seulement les musulmans réfléchissaient