le comble du raffinement : on surélève les tombes, on les consolide, on dresse au-dessus d’elles des coupoles et l’on bâtit à côté des mosquées — tout particulièrement les sépultures des princes injustes, dont l’action en faveur de l’islam ne mérite pourtant guère d’éloge, ainsi que celles de pseudo-cheikhs et de charlatans qu’une grande part d’entre eux ignore jusqu’aux règles élémentaires de la foi, gens qui n’ont aucune commune mesure avec ces géants tels qu’Abû ʿUbayda ibn al-Jarrâḥ et ses compagnons parmi les plus nobles des Compagnons, lesquels reçurent la religion fraîche et intacte et, par leur piété et leurs vertus, atteignirent des sommets inaccessibles.
La réponse à cette objection est la suivante : ni les Compagnons ni les Successeurs ne manquaient, en leur temps, d’estime pour la valeur des hommes ni de respect pour la dignité de ces héros et des meilleurs de la communauté qui avaient jailli parmi eux ; mais ils répugnaient à édifier les sépultures des défunts et à magnifier des restes mortels, connaissant l’interdiction explicite que leur avait adressée le Législateur de cette noble religion, l’orthodoxie indulgente, venue extirper toute trace de paganisme et annihiler les signes de vénération des dépouilles ou l’habitude de s’attarder auprès des tombes ; et ils considéraient