grands hommes, et de l’occultation de l’emplacement de leurs tombes aux yeux des transmetteurs de récits et des chroniqueurs des vestiges, alors même que la noblesse de ceux qui y reposent et leur renommée — répandue jusqu’aux confins du monde et profondément ancrée dans les cœurs — inspirent la vénération de leur rang et l’aveu de leur mérite, eux qui ont devancé les autres dans la foi et propagé l’appel du Coran.
Dès lors, il n’est guère surprenant que, lorsqu’il médite sur cette question, le lecteur se dise d’emblée que les sépultures de ces hommes auraient dû être connues avec exactitude, surmontées de hautes coupoles soutenues de colonnes : ne serait-ce qu’en considération de leur renommée pour la droiture, la piété, la sincérité de la foi et leur compagnonnage du Prophète — sur lui la prière et la paix —, et plus encore des hauts faits qu’ils accomplirent, exploits que les plus grands des hommes seraient incapables d’égaler. Comment donc leurs tombes ont-elles pu échapper au regard des historiens ? Comment les sépulcres où reposent les plus illustres Compagnons et leurs Successeurs ont-ils pu disparaître, au point que les maîtres de la chronique divergent sur leur localisation et que la trace de la plupart d’entre eux soit effacée, hormis ce que l’on a plus tard déterminé par conjecture et approximation, avant d’en manifester l’empreinte en y bâtissant après coup, alors même que l’on constate chez les musulmans un soin porté aux tombeaux des défunts jusqu’à un degré qui atteint