La sagesse divine, béni et exalté soit-Il, a donc décrété — après qu’Il eut envoyé Muḥammad ﷺ comme sceau des messagers et fait de sa loi l’ultime des législations — d’interdire tout moyen susceptible de devenir, fût-ce à long terme, un prétexte menant les gens au polythéisme, lequel constitue le plus grave des grands péchés. C’est pourquoi Il a proscrit l’édification de mosquées sur les tombes, de même qu’Il a interdit d’entreprendre un voyage en vue de les visiter, d’en faire des lieux de festivités (1) ou de jurer par ceux qui y reposent ; car tout cela conduit à l’exagération à leur sujet puis à leur adoration en dehors d’Allah, surtout lorsque la connaissance s’éteint, que l’ignorance se répand, que les conseillers sincères se font rares et que les démons, parmi les djinns comme parmi les hommes, s’unissent pour égarer les gens et les détourner de l’adoration d’Allah.
(1) Al-Nawawî écrit, dans la section « Les règles de la visite de sa tombe ﷺ » de son Manâsik al-ḥajj (2/69, manuscrit conservé à la Zâhiriyya de Damas, n° 3656) : « L’imâm Mâlik – qu’Allah lui fasse miséricorde – juge blâmable pour les habitants de Médine de s’arrêter devant la tombe chaque fois qu’ils entrent ou sortent ; cela ne concerne, selon lui, que les visiteurs venus d’ailleurs. Il n’y a toutefois aucun inconvénient pour celui qui revient d’un voyage ou s’apprête à en entreprendre un de se tenir devant la tombe du Prophète ﷺ, de prier sur lui et d’invoquer pour lui ainsi que pour Abou Bakr et ‘Omar – qu’Allah les agrée. » Al-Bâjî commente : « Mâlik distingue entre les Médinois et les étrangers ; ces derniers viennent précisément dans ce but, tandis que les premiers résident sur place. Or le Prophète ﷺ a dit : “Ô Allah, ne fais pas de ma tombe une idole (wathan) que l’on adore.” »