Sache que, bien que ces récits diffèrent dans leurs indications précises, ils s’accordent tous, dans l’ensemble, pour interdire tout ce qui manifeste une vénération des tombes susceptible d’entraîner la fitna (tentation) et l’égarement : ériger des mosquées ou des coupoles au-dessus d’elles, y dresser des tentes, les exhausser au-delà de la hauteur légiférée, entreprendre un voyage spécial pour s’y rendre ou y revenir (1), s’y frotter, ou encore rechercher la bénédiction dans les reliques des prophètes et pratiques semblables.
Toutes ces actions ne sont pas légitimes aux yeux des Anciens – compagnons et autres que nous avons cités –, ce qui prouve qu’ils considéraient unanimement que la cause demeurait intacte pour interdire l’édification de mosquées sur les tombes et leur magnification par des rites non prescrits : la crainte de l’égarement et de la séduction liés aux morts, comme l’a formulé l’imâm al-Shâfiʿî, que Dieu lui fasse miséricorde. Le fait qu’ils aient constamment maintenu ce jugement fondé sur cette cause prouve que la persistance de l’une implique nécessairement la persistance de l’autre, comme il est évident, et cela