encore plus répandue chez les ignorants de cette communauté – et je ne parle même pas des simples fidèles ! –. Dès lors, si telle est la situation des musulmans d’aujourd’hui comme d’hier, comment cet homme peut-il déclarer : « La cause (ʿilla) a disparu, la foi étant désormais solidement ancrée dans le cœur des croyants… » ?
S’il entend par « croyants » les Compagnons, que Dieu les agrée, nul doute qu’ils furent de véritables croyants, parfaitement instruits de la réalité du tawḥîd que leur apporta le Messager d’Allah ﷺ. Toutefois, la Loi islamique est générale et perpétuelle ; aussi la disparition de la cause – à supposer qu’elle soit avérée – pour leur génération n’implique-t-elle nullement la caducité du jugement pour ceux qui leur succèdent, puisque cette même cause demeure en vigueur, et la réalité en fournit le témoignage le plus parlant.
Deuxième argument : d’après les hadiths précédemment cités, le Prophète ﷺ mit sa communauté en garde, à la toute fin de sa vie – voire durant sa maladie mortelle –, contre l’édification de mosquées sur les tombes. À quel moment, dès lors, la cause qu’il mentionna aurait-elle disparu ? Si l’on soutient qu’elle s’évanouit aussitôt après son décès ﷺ, on s’oppose au consensus de tous les musulmans selon lequel la meilleure des générations est la sienne ; en effet, une telle affirmation impliquerait – d’après ses propres paroles – que la foi ne s’était pas encore solidement enracinée dans les cœurs