Quant au premier point, aucune preuve ne démontre que la cause de l’interdiction se réduise exclusivement à la crainte susmentionnée. Il est certes envisageable d’admettre qu’elle en constitue une partie, mais la limiter à elle seule est infondé. D’autres motifs raisonnables peuvent s’y ajouter, tels que l’imitation des chrétiens – ainsi que l’ont signalé le juriste al-Haytamî et l’érudit al-Sanʿânî –, le gaspillage d’argent dans ce que la Loi ne juge d’aucune utilité, et d’autres considérations encore que saura déceler le chercheur critique.
Quant à son affirmation selon laquelle la cause aurait disparu grâce à la fermeté de la foi dans le cœur des croyants, etc., elle est tout aussi erronée. Nous la réfuterons sous plusieurs aspects.
Premièrement : cette affirmation repose sur un principe fallacieux, à savoir que le simple fait de croire qu’Allah est, seul, Créateur et Producteur suffirait à réaliser la foi qui sauve auprès de Lui – exalté soit-Il. Il n’en est rien ; ce monothéisme, que les savants appellent tawḥîd de la seigneurie (rubûbiyya), était déjà professé par les polythéistes auxquels le Messager d’Allah ﷺ fut envoyé, comme le dit le Très-Haut : « Et si tu leur demandes… »