surtout lorsqu’elle se trouve dans la mosquée et qu’il s’agit de la tombe d’un saint renommé pour sa vertu ; car, avec le temps, on ne saurait garantir que les ignorants n’en viennent pas à nourrir pour ce tombeau des convictions toujours plus appuyées ; leur vénération excessive pourrait alors les pousser à se tourner vers lui pour prier – d’autant plus s’il est placé dans l’axe de la qibla –, au risque de les précipiter dans la mécréance et l’association. »
Il cite ensuite divers textes relatifs à cette cause émanant de quelques savants, parmi lesquels l’imâm al-Shâfiʿî, dont nous avons déjà reproduit le propos (p. 42). Puis l’auteur mentionné poursuit (p. 20-21) :
« La cause évoquée a disparu, dit-il, grâce à la fermeté de la foi qui imprègne désormais les cœurs des croyants, à leur éducation dans l’unicité pure et à leur conviction que nul n’est associé à Dieu Très-Haut, Lui qui – seul – crée, fait advenir et dirige toute chose. Lorsque la cause s’évanouit, le jugement qui en dépend – en l’occurrence la réprobation d’ériger des mosquées et des coupoles sur les tombes des saints et des vertueux – s’évanouit pareillement. »
Je réplique : « Commence par asseoir le trône, puis orne-le ! » Autrement dit : établis d’abord que cette unique crainte constitue à elle seule la raison de l’interdiction, puis prouve qu’elle a bel et bien disparu – entreprise plus épineuse que de fendre un buisson d’acacias.