Réponse à la sixième ambiguïté : il s’agit de l’affirmation selon laquelle l’interdiction n’aurait été motivée que par une raison déterminée – la crainte que l’on ne tombe en tentation devant le défunt – raison qui, disait-on, aurait désormais disparu ; l’interdiction se trouverait donc levée !
Je ne connais aucun savant ayant soutenu cette idée, si ce n’est l’auteur d’« Iḥyâʾ al-Qubûr », lequel s’y est accroché et en a fait son principal argument pour écarter les hadiths précités ainsi que l’accord des imâms à leur sujet. Il s’exprime en ces termes (p. 18-19) :
« Quant à la prohibition de construire des mosquées sur les tombes, tous s’accordent à l’expliquer par deux causes : la première est que cela risque de souiller rituellement la mosquée(1) ; la seconde – opinion de la plupart, voire de l’ensemble des savants, y compris ceux qui n’ont évoqué que la première cause – est que cela peut mener à l’égarement et à la tentation provoqués par la tombe, surtout lorsque celle-ci se trouve dans la mosquée et qu’il s’agit de la sépulture d’un saint renommé pour sa bonté et sa piété…»