Abû Jandal et Abû Basîr, afin qu’ils se présentent à lui, ainsi que les musulmans qui les accompagnaient.
La lettre du Messager d’Allah ﷺ parvint donc à Abû Jandal tandis qu’Abû Basîr était à l’agonie ; il rendit l’âme en tenant encore la lettre du Messager d’Allah ﷺ qu’il était en train de lire. Abû Jandal l’enterra sur place, accomplit la prière funèbre pour lui, puis érigea une mosquée sur sa tombe.
J’ai dit : tu constates donc que tout ce récit repose sur Az-Zuhrî. Il est dès lors considéré comme un hadith mursal (c’est-à-dire rapporté par un tâbiʿî de la deuxième génération, en l’occurrence un jeune tâbiʿî qui transmit d’Anas ibn Mâlik, qu’Allah l’agrée).
Autrement, il deviendrait muʿḍal ; quoi qu’il en soit, on ne saurait en tirer argument, car le passage invoqué – « et il construisit une mosquée sur sa tombe » – n’apparaît ni, dans le déroulé qu’Ibn ʿAbd al-Barr donne de l’affaire, comme un mursal d’Az-Zuhrî, ni dans la version d’Abd ar-Razâq transmise par Maʿmar de sa part. Il provient plutôt du récit de Mûsâ ibn ʿUqba, ainsi qu’Ibn ʿAbd al-Barr l’a explicitement précisé sans aller au-delà. Or Mûsâ ibn ʿUqba n’a entendu aucun Compagnon. Cette addition – à savoir la phrase « et il construisit une mosquée sur sa tombe » – est donc muʿḍala(1).
(1) NdT : chaîne comportant au moins deux ruptures successives.